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Chroniques

Chroniques (48)

Dans l’une de ses chroniques, le romancier Amin Zaoui s’exclamait : «Nous avons toutes les sauces pour faire le roman noir, mais nous n’avons pas d’écrivains de polar !» Le constat n’est pas sans pertinence au regard de la faible production dans le genre. Comme le note le romancier, peut-être cela serait-il dû au fait que le polar ne fait pas partie de tradition de l’écriture dans notre culture ? La question méritait d’être posée. Même si une hirondelle ne fait pas le printemps, scrutons à nouveau avec nuance la lente émergence actualisée de la littérature policière dans notre pays.

Quand meurt Isabelle Eberhardt à vingt-sept ans, le 21 octobre 1904, emportée par la crue de l’oued à Aïn Sefra, son œuvre se réduisait à quelques articles dans la presse.

Quand meurt Isabelle Eberhardt à vingt-sept ans, le 21 octobre 1904, emportée par la crue de l’oued à Aïn Sefra, son œuvre se réduisait à quelques articles dans la presse.

On prête à Dostoïevski cette formule : « Nous sommes tous sortis du manteau de Gogol »*. On peut soutenir qu’il en fut relativement de même pour Kateb Yacine. Sur les rivages lourds de tourments historiques du Maghreb, on ne parlera jamais assez de Kateb Yacine et nombre d’écrivains maghrébins lui sont redevables d’une manière ou d’une autre…

Souvenons-nous. La nouvelle parvint comme la foudre. La maladie fut plus forte. Et la mort emporta, le 16 septembre 2016, Hamid-Nacer Khodja. Voilà déjà deux ans qu’il a disparu, notre frère, le poète, l’universitaire, l’essayiste, l’écrivain, et l’homme le plus affable que l’on puisse connaître par des temps mauvais.

Les chiffres comme les faits sont têtus. L’Afrique, même colonisée, n’a pas été avare de sa chair et de son sang pour porter secours à la France en danger. Une véritable chair à canon. L’histoire est là pour en témoigner. «La guerre des autres» avait fait des Mohammed des cibles de choix.» En réunissant les Mohamed et ses variantes (Mohammed, Ben Mohamed…), le décompte atteint 1 717 soldats, assez pour intégrer le Top 50 des prénoms, devant les Martin (649)  et les Mathieu (572). La majorité de ces Mohamed étaient nés en Algérie (1 204).

Les voix les plus authentiques de la poésie algérienne le furent dans le feu du combat libérateur. Poésie aux racines multiséculaires, poésie plurielle, diverse mais ferme dans «l’unité d’expression» (J. Sénac). Depuis des temps immémoriaux, au Maghreb, on ne le sait pas toujours, la poésie a occupé une place centrale dans la vie des sociétés. Que ce soit en pays berbérophones ou dans les régions arabophones, les conteurs «guwwalin» (diseurs) et les meddah ont perpétué les antiques traditions et les hauts faits des tribus. Leurs œuvres alliaient la louange et la satire. Ils compteront dans l’inspiration de leurs cadets à venir, à l’orée des années 1950…

Longtemps, et jusqu’à aujourd’hui sous des formes nouvelles, la fiction littéraire a été le domaine par excellence de l’expression et de l’exercice de l’esprit critique et iconoclaste... L’inspiration satirique n’a pas manqué au Maghreb de dresser ses inventaires critiques à l’égard de l’état des mœurs et du conservatisme religieux dans une société qui s’extirpait d’une longue aliénation coloniale.

Au nom d’une conception étriquée de l’engagement de l’écrivain, la littérature a connu par le passé maints procès en sorcellerie. Littérature engagée ? Ecrivain engagé ? Par quels temps, quels contextes ?

On attendait le roman sur les évènements qui ébranlèrent l’Egypte de Moubarak en 2O11. Sans surprise, c’est Alaa El Aswany, auteur du fameux «Immeuble Yacoubian» (2006), qui vient de le signer. Son dernier roman, ayant pour titre original en arabe «Al-Goumhouria ka’enna» (La République comme si), est en fait déjà paru à Dar Al-Adab, à Beyrouth, en 2017. En France, il vient de paraître récemment sous le titre «J’ai couru vers le Nil» aux éditions Actes Sud. En Egypte, le livre était frappé d’interdiction de publication… Alaa El Aswany n’est pas seulement romancier, c’est aussi un commentateur engagé et acerbe de la vie politique de l’Egypte.

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