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jeudi, 14 juin 2018 06:00

Marché pétrolier : Le coup de griffe de Trump à l’OPEP, l’AIE plaide la baisse de l’offre

Écrit par Hakim Ould Mohamed
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Donald Trump récidive. Le président américain a décoché hier de nouvelles flèches à l’adresse de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l’accusant de faire monter les prix du pétrole.


Depuis Singapour, où il avait séjourné à l’occasion de la tenue d’un sommet historique avec Kim Jong Un, Donald Trump a tweeté à nouveau sur l’Opep : « Les prix du pétrole sont trop élevés, c’est encore l’Opep qui est à la manœuvre. Pas bon! » S’agit-il d’un moyen de pression sur les membres de l’Opep qui devraient se réunir le 22 juin prochain avec leurs partenaires non-Opep en vue de décider d’un changement de stratégie ? Possible ! Car, le revirement saoudien est intervenu juste après le premier tweet du président américain, daté du 20 avril dernier, dans lequel il avait critiqué l’Opep pour avoir « artificiellement » contribué à l’augmentation des cours. Depuis, les Saoudiens défendent plus ouvertement une hausse des seuils de production, alors que, peu avant, ils s’agrippaient à leur politique de soutenir les cours par le moyen d’une baisse de la production. Le président américain fait ainsi monter la pression d’un cran, à la veille d’une réunion cruciale qui devrait regrouper les membres de l’Opep et les producteurs non-Opep qui se sont engagés, depuis janvier 2017, à réduire leur production afin de soutenir les prix. En tout cas, le premier tweet de Donald Trump était déjà suffisant pour inverser la tendance au sein des pays exportateurs de pétrole. L’on s’achemine sans surprise vers une hausse des niveaux de production, d’autant plus qu’il s’agit d’une proposition portée essentiellement par les deux grosses cylindrées du marché ; l’Arabie saoudite et la Russie, de surcroît signataires des accords de limitation de l’offre. Le dernier rapport de l’Opep est symptomatique d’un changement de position éminent. L’Organisation a vu son offre grimper le mois dernier conséquemment à l’augmentation de la production de l’Arabie saoudite, de l’Algérie et de l’Irak essentiellement. L’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui défend l’intérêt des pays consommateurs, a, elle, mis en garde, hier, contre le déclin prévisible des productions pétrolières de l’Iran et du Venezuela. L’AIE tente ainsi d’apporter de l’eau au moulin de l’Opep qui s’apprête à augmenter sa production afin de faire face à une éventuelle défection de l’Iran et du Venezuela. L’agence estime que les productions de ces deux pays pourraient être inférieures de 1,5 million de barils par jour (mbj) à ce qu’elle est aujourd’hui d’ici la fin de l’année prochaine.


L’AIE anticipe une remise en cause des quotas
Dans le cas de l’Iran, visé par un retour des sanctions américaines, elle envisage une perte en termes d’exportations proche de celles enregistrées lors des précédentes sanctions, même si cela reste « incertain », lit-on dans le rapport mensuel de l’AIE, publié hier. Pour ce qui est du Venezuela, frappé par une grave crise politique, « nous supposons qu’il n’y aura aucun répit dans l’effondrement de la production qui a retiré 1 mbj du marché ces deux dernières années », écrit l’AIE dans son rapport. « Pour combler ces pertes, nous estimons que les pays du Moyen-Orient appartenant à l’Opep pourraient augmenter leur production assez rapidement d’environ 1,1 mbj et que la production russe pourrait augmenter » au-delà de la hausse déjà anticipée. Mais l’AIE estime que même si le déficit de production de l’Iran et du Venezuela était comblé, « le marché sera en équilibre instable l’an prochain et vulnérable à des hausses de prix dans l’éventualité de nouvelles perturbations ».
L’AIE estime ainsi que la hausse des niveaux de production est une question de bon sens compte tenu des risques qui pèsent sur l’offre de deux pays de l’Opep. Il s’agit aussi, selon les analystes de l’AIE, d’une question liée à la sécurité des approvisionnements et de l’équilibre du marché. Sauf que, le tweet du président américain brouille les pistes et fausse les lectures quant aux objectifs réels de l’Opep. L’Organisation capte désormais toute l’attention. L’idée de rehausser les niveaux de production a fait perdre au baril 5 dollars de sa valeur. A l’heure où la production saoudienne et russe s’est remise à carburer à plein régime, l’offre américaine, elle, est en bonne santé, progressant à ses meilleurs niveaux depuis 2015. Les analystes tablaient hier sur une baisse des stocks de brut de 1,25 million de barils mais sur des hausses des réserves d’essence (+1 million de barils) et de celles d’autres produits distillés (diesel et fioul de chauffage, +500.000 barils), selon la médiane d’un consensus compilé par Bloomberg. Et en effet, la baisse des stocks américains de brut s’est confirmée, ce qui est assurément bienvenue en ces temps de fortes pressions, tant sur les membres de l’Opep que sur les cours. C’est le seul élément qui pourrait redonner aux prix quelques couleurs à la veille d’une réunion annonciatrice probablement d’une nouvelle rechute des cours.

 

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