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francealgerie

samedi, 23 juin 2018 06:00

l’entretien : Abderrahmane Benyamina, expert en immobilier à propos des modalités de cession des biens immobiliers : «On s’achemine vers des prix relativement abordables»

Écrit par Rafik AIOUAZ
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Les biens immobiliers appartenant à l’Etat et les biens gérés par les Offices de promotion et de gestion immobilière (OPGI) seront bientôt cédés à leurs occupants légaux, selon les dispositions du dernier décret exécutif fixant les modalités de cession des biens immobiliers appartenant à l’Etat et des biens gérés par l’OPGI.

L’expert en immobilier Abderrahmane Benyamina livre ses appréciations quant au texte législatif et fait état de la difficulté persistante pour les locataires d’acquérir les biens immobiliers concernés.

Reporters : Un décret exécutif fixant les modalités de cession des biens immobiliers appartenant à l’Etat et des biens gérés par l’OPGI vient d’être publié sur le JO. Dans quel contexte intervient ce texte à votre avis ?
Abderrahmane Benyamina : Beaucoup de gens croient que ce système de cession est nouveau, alors qu’il obéit, en fait, à un principe qui date déjà de 1981 à travers la cession de biens immobiliers appelés alors biens vacants. Mais, depuis 2004, les prix de l’immobilier ont sensiblement augmenté parce que les loyers payés préalablement n’étaient plus pris en charge dans la transaction. C’est pourquoi la défalcation des loyers antérieurs, tel que stipulé dans le décret d’aujourd’hui, serait une très bonne chose pour l’acquéreur. Par ailleurs, ce texte s’articule autour de la loi de finances 2018, qui a ouvert la porte à la vente de l’ensemble des logements publics, avec des conditions propres à chaque formule. Le texte paru mardi dernier concerne les biens administrés par l’OPGI qui n’étaient éligibles à aucune formule de location-vente. L’interrogation réside dans la possibilité pour le citoyen d’avoir les moyens de payer son logement. Aussi, notre appréciation aujourd’hui dépendra de l’instruction ministérielle qui va définir la valeur de ces biens. Le pouvoir d’achat ne se mesure pas uniquement sur le prix proposé mais aussi sur les salaires des citoyens qui n’ont pas augmenté depuis plusieurs années.


La défalcation des loyers précédemment réglés par le futur propriétaire reste donc une mesure d’encouragement pour le citoyen ?
Il faut savoir que la différence entre le texte d’avant-2004 et celui d’aujourd’hui est que le premier concernait les logements d’avant-2004, alors que le texte publié mardi concerne l’ensemble des logements de l’Etat et de l’OPGI. Aussi, si les loyers payés par le locataire avant la cession ne sont pas pris en compte, le prix annoncé du bien immobilier devra être réglé en totalité, sachant que, concernant l’ancien parc, tous les loyers payés sont déduits. Si c’est le cas, on s’acheminera vers des prix relativement abordables. Le décret exécutif offre une réduction de 10% en cas de paiement cash, mais dans le cas où le locataire ne dispose pas du montant nécessaire, il dispose d’une facilité de paiement étalée sur 10 ans avec un taux d’intérêt de 1%, ce qui est négligeable. C’est une disposition qui est la bienvenue comparée aux taux pratiqués dans le crédit immobilier.


A vous écouter, on a l’impression que l’acquisition des biens immobiliers OPGI n’est pas aussi facile que ne le suppose l’offre de l’Etat…
Pas aussi facile, bien sûr. Le potentiel acquéreur algérien qui est locataire se situe sur une certaine gamme financière. Il s’acquitte de 500 à 2 000 DA environ de loyer. Toute augmentation pour cette catégorie de personne est une augmentation de trop. Beaucoup ne sont pas en mesure d’être propriétaires. Moi-même, je participe au montage de crédits hypothécaires et je constate que de nombreux intéressés se désistent au bout de trois, quatre ans, parce qu’ils rencontrent de grandes difficultés à régler leurs mensualités. D’autre part, quand vous êtes propriétaire, toutes les responsabilités qui incombaient à l’Etat quand vous étiez locataire, vous incombent. Comme l’entretien de la copropriété et de la façade, la réparation des ascenseurs, la femme de ménage via des cotisations mensuelles. Et l’Etat a sans doute la volonté mettre ces responsabilités sur la table pour qu’elles ne soient pas délaissées par les ex-locataires devenus propriétaires.

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