Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.
jeudi, 14 juin 2018 06:00

Nicaragua : Grève générale aujourd’hui, le pays s’enfonce dans la violence

Écrit par Anis Remane
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Traversé par une profonde crise économique et sociale, le Nicaragua a connu un regain de violences ces dernières 24 heures après que les forces de sécurité eurent tenté de démanteler les barricades dressées sur plusieurs routes du pays.

Armés de frondes et de mortiers artisanaux face aux fusils des policiers anti-émeutes, les manifestants ont bloqué en plusieurs points les axes routiers, paralysant largement l’approvisionnement du pays. Des milliers de camions sont bloqués et la population des villes les plus touchées a commencé à faire des stocks par crainte de pénuries.
Tirs, routes coupées, villes semi-paralysées recrudescence des combats de rue entre milices paramilitaires et opposants au régime de Daniel Ortega, tel est le décor quotidien de ce pays d’Amérique centrale marqué par un bras de fer entre le pouvoir et l’opposition. Le bilan humain depuis lundi dernier était hier de 48 morts et la situation devrait se durcir encore, l’opposition ayant appelé mardi dernier dans la soirée à une grève générale pour aujourd’hui jeudi.
«Ce sera une grève civique et pacifique qui touchera tout le pays et toutes les activités économiques», a indiqué, mardi, l’Alliance citoyenne pour la justice et la démocratie, qui regroupe des étudiants, des chefs d’entreprise et des représentants de la société civile. «Nous exhortons tous les chefs d’entreprises, petites ou moyennes, ainsi que les professionnels et travailleurs indépendants à fermer leurs établissements», demande le communiqué appelant à cette grève. Dès le lever du jour mardi, des fusillades nourries ont éclaté en divers points de Managua ainsi que dans les villes voisines d’El Crucero et Jinotepe, au sud de la capitale. Selon l’AFP, Cette dernière était largement désertée mardi, les habitants craignant d’être pris entre deux feux.
A Jinotepe, à 56 km de Managua, des milices pro-gouvernementales ont, selon l’agence de presse, attaqué les manifestants retranchés derrière leurs barricades, a raconté à la presse le prêtre Juan Garcia. Ce dernier a ajouté qu’il a sonné les cloches de l’église pour alerter la population, sortie en brandissant des bâtons ou des poêles et en soufflant dans des sifflets pour soutenir les étudiants. «Ces groupes armés de (fusils) AK ou Galil tirent sur les gens. Il y a des impacts de balles sur les murs des maisons», s’est-il indigné. «Il y a eu plusieurs blessés parmi les jeunes (manifestants) et un mort côté milice, touché par une balle tirée par l’un de ses compagnons».
Outre son appel à la grève, l’opposition exige également du président Ortega «une réponse immédiate» aux évêques catholiques qui tentent, depuis plusieurs semaines, de jouer les médiateurs. Ils ont présenté jeudi au Président, dont les manifestants demandent le départ, une proposition de démocratisation du pays. A la tête du pays depuis 2007 après un premier mandat de 1979 à 1990, l’ancien guérilléro Daniel Ortega est accusé par ses détracteurs de brider les libertés et de confisquer le pouvoir. De son côté, le dirigeant sandiniste dénonce une «conspiration de l’opposition» visant à le renverser. Se disant «profondément préoccupé» par la situation, le Mexique, pays voisin, a ainsi appelé à «l’arrêt immédiat des violences» et encouragé les deux camps à reprendre le dialogue sous l’égide de l’épiscopat. Une tentative de médiation américaine, menée samedi par un représentant du sénateur républicain Bob Corker et révélée mardi par l’ambassade des Etats-Unis à Managua, n’a pas été suivie d’effet. Les deux mois de crise ont donné un coup de frein à l’économie, menacée de voir sa croissance amputée d’un point en 2018, selon le Conseil pour le développement entrepreneurial (Copade).

 

Laissez un commentaire