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lundi, 02 juillet 2018 06:00

Constantine : Le «train de la mer» et de tous les dangers

Écrit par Hamid Bellagha
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Bouhamra, ou plutôt Boukhadra depuis peu, El Harrouch, Salah Bouchaour, Aïn Bouziane et Bekira, autant de communes ou de quartiers de Constantine, Annaba ou Skikda, autant de haltes du «train» de la mer et autant de pièges dangereux pour les estivants qui veulent faire trempette à moindre frais.


Cette année, en plus du train pour Skikda à partir de Constantine, les cadres de la SNTF ont ressuscité celui pour Jijel, et réinventé celui pour Annaba. Trois trains, trois destinations balnéaires pour une ville de l’intérieur, la troisième d’Algérie qui ne dispose que d’une seule piscine couverte et des fameux bains de Sidi M’cid qui reviennent à chaque début de la saison chaude et sont fermés une semaine après. Bouillon de culture oblige, car l’hygiène étant un mot interdit, les gérants de ces mêmes bains ne disposant pas de chlore cette année se sont rabattus sur l’eau de javel. Ce n’est pas du tout la même chose et chaque chimiste en herbe vous le confirmera. Pour en revenir aux trains, cette saison sera-t-elle celle de la réussite de ce moyen de locomotion marginalisé sous nos latitudes ? Rien n’est moins sûr connaissant l’absence d’entretien des wagons de voyageurs et l’aversion de ces derniers pour la propreté et le confort. Le résultat, et à chaque voyage, bon nombre de voitures sont envoyées aux ateliers pour réparation, mais le plus souvent, y demeurent jusqu’à la fin de la saison estivale.
Pour Skikda, il y aura le train classique, le train cow-boy comme on dit. Comme inconfortable, on ne fait pas mieux. Puis celui de Jijel qui devrait être un frère jumeau du premier, avec comme principale halte au niveau de la commune et de la plage de Sidi Abdelaziz, une halte dangereuse du fait que l’arrêt se situe pratiquement sur le sable, et qu’il faut traverser les rails pour aller à la mer.
Le train pour Annaba est une nouveauté cette année puisqu’un train de plage n’a jamais circulé entre Constantine et l’ex-Coquette. Pour cela, la SNTF a mis les petits plats dans les grands et décidé de transporter ses usagers au sein d’un autorail. Mais l’expérience de ces dernières années a démontré que l’espérance de vie de ce genre de train est très courte, du fait de l’incivisme de ses occupants, et surtout du danger qui plane sur «la voie de la mer», évoqué plus haut.
Au niveau des haltes citées, le «caillassage» des trains est devenu un sport national, une activité ludique, the place to be. «L’année passée, au niveau d’El Harrouch, un homme, la cinquantaine, initiait un gosse de cinq ans, sûrement son fils, qui ne portait comme habit qu’un maillot de corps, à canarder le train qui passait, sous l’œil amusé de l’assistance qui sirotait un café, et participait, néanmoins aussi, au bombardement des vitres des wagons et de la locomotive», nous dira un mécanicien qui a été justement blessé sérieusement à la tête par un jet de pierre.
Cette scène cocasse n’a rien de comique, car à chaque «expédition» vers Skikda, des blessés sont comptabilisés. Les gendarmes affectés dans ces trains-cibles ne savent plus comment se comporter avec les baroudeurs des trains. Nous nous souvenons que ce même train pour Skikda a été supprimé les deux saisons d’été passées, justement à cause du nombre de blessés enregistrés.
Cette année, la SNTF, et dans son communiqué annonçant la reprise des trains de la mer à partir de l’entame du mois de juillet, affirme avoir pris toutes les dispositions pour sécuriser les passagers et le personnel roulant. Tant mieux si c’est vrai.

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