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samedi, 07 juillet 2018 06:00

Musée régional du moudjahid de Tizi Ouzou : Hommage au chahid Mohamed Aït Boudjema dit «Mouh Boufarik»

Écrit par Hossem A. M.
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Le Musée régional du moudjahid de Tizi Ouzou a rendu hommage au chahid Mohamed Aït Boudjema, dit «Mouh Boufarik», en présence de la veuve du martyr et de son fils, des fils de chouhada, des moudjahidine (ONM et Kasma), venus nombreux de Chéraga, d’Alger et de Tizi Ouzou, mais aussi des villages de la commune d’Aghribs et d’Azeffoun.

Né le 17 juin 1929 au village Aït Ouchene, dans la commune d’Aghribs, à 45 km au nord-est de Tizi Ouzou, Mohamed Aït Boudjema est l’un des novembristes, il est tombé au champ d’honneur à l’âge de 29 ans, en 1958, à Chéraga (Alger), dans la Wilaya IV historique. Mohamed Aït Boudjemaâ, dont la famille possédait une boulangerie à Boufarik, était un brillant élève dans sa scolarité durant les années 1940. L’injustice du système colonial qu’il découvre autour de lui, et dont il avait pris conscience à travers les pressions de ses enseignants français à l’égard de la plupart des scolarisés algériens a suscité un «éveil» nationaliste précoce.» Moh Boufarik» quittera ainsi l’école après avoir arraché son CFE (Cours fin d’études) en décidant de s’inscrire dans un centre de formation professionnelle. Là encore, le jeune Aït Boudjemaâ découvre le même ostracisme des formateurs des élèves algériens. Une situation insupportable à l’écorché vif qu’il était et qui le poussera à prendre sa résolution à quitter son stage de formation, préférant rejoindre la boulangerie familiale. Son éveil à la question nationaliste le poussera à rejoindra les rangs des Scouts musulmans (SMA) avant d’entrer, dès 1951, au Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD). Ce parcours initiatique au nationalisme conduira naturellement le jeune Mohamed Aït Boudjema à se retrouver parmi les premiers volontaires pour le déclenchement du 1er Novembre 1954 à Boufarik même, sa ville d’adoption, d’où son alias Moh Boufarik. Jouissant de la confiance de la population et de ses chefs, le jeune moudjahid gravira vite les échelons dans les rangs de l’organisation révolutionnaire, il sera désigné responsable des militants dans la région de Blida. En 1955, Moh Boufarik sera condamné à mort par contumace pour ses activités anticolonialistes. Il sera alors intégré à l’ALN en Région-1, Secteur-1 de la Zone-2 de la Wilaya IV, tel que noté dans un document présenté par des membres de la kasma FLN de Chéraga et de l’ONM, présents au musée du Moudjahid de Tizi Ouzou. Après le Congrès de la Soummam, en 1956, Moh Boufarik sera nommé encore responsable militaire dans la Zone-1 de la Wilaya IV. Aux débuts de l’année 1958, l’enfant d’Aït Ouchene est nommé commandant de la région du Sahel où il réussit à organiser, en compagnie de ses adjoints, les activités politiques et militaires, tout en sensibilisant la population. Pendant ce temps, il eut vent d’un «litige» entre deux familles, dans la ville de Chéraga (Alger-ouest).
Connaissant son charisme dans la région, le FLN le charge avec son compagnon, Ahmed Benchiha, dit «Ahmed Chicha», de se rendre sur place pour aplanir le conflit dans la maison de Lamali Dahmane. Cependant, les forces armées coloniales étaient au fait de ce déplacement et encerclent aussitôt la maison en question à la tombée de la nuit. Un accrochage se déclenche et Moh Boufarik saute à travers une fenêtre, avant de recevoir une rafale dans l’abdomen, tandis que son compagnon réussit à s’échapper. Se traînant malgré ses blessures, dans une forêt de roseaux, Moh Boufarik pénètre dans la maison des Allal dits «Bakstar», qu’il connaissait, puis dans celle de Rabah Zouaki où il resta jusqu’à «l’accalmie». Il sera transporté ensuite par un autre militant, Rachid Ghalam-Ali, à bord de sa moto, jusqu’à la maison des frères Youcef et Aïssa Boudiaf, au lieudit «Sain tMichel», à El Biar (Alger). Il y succombera à ses graves blessures. Son corps, qui y sera enterré par cette famille, en un endroit jugé «sûr», sera déterré par l’ennemi après avoir eu vent de son transfert qui le ramènera jusqu’au lieu de l’accrochage où il fut identifié. Présent à Tizi Ouzou, le moudjahid El Hadj Moussaoui de Chéraga, rappellera que le FLN-ALN avait recouru aux services de Moh Boufarik, de Khelifa Boukhalfa, d’Ahmed Benchiha et de Saïdani Moh Seghir pour organiser la 3e Zone autonome d’Alger. «Je l’ai connu, le premier jour à la maison de Sabri Lounès, à El Kalous, où il avait désigné Khelifa Boukhalfa, qu’il m’avait ordonné d’accompagner à Oued Romane, et Saïdani Moh Seghir pour Ben Aknoun. J’appris alors de Boualem Cherchali que c’est Aït Boudjema et lui-même, qui étaient chargés comme dirigeants de la Révolution sur l’espace allant de Mazafran jusqu’à Oued El Harrach. Nous y avions ensuite travaillé ensemble. Le 22 mars 1958, Boualem Cherchali tombait au champ d’honneur, après un accrochage à Oued El Hadj, avec trois de ses compagnons. Après cette perte, Aït Boudjema s’est replié vers Chéraga. En rencontrant à Sahel un moudjahid s’appelant Bouassem, j’appris que la quasi-totalité des maisons de refuge étaient «grillées» et les combattants, sans chef, étaient désemparés. Il m’avait prié de trouver vite Moh Boufarik pour leur donner des orientations. Je retrouve ce dernier dans une maison de refuge en compagnie de «Chicha». Ils m’avaient demandé des nouvelles concernant la zone du Sahel. Après leur avoir exposé le désarroi des djounoud, sans chef, Moh Boufarik m’ordonna d’aller ramener ces moudjahidine pour que nous puissions nous rencontrer au cimetière chrétien de Dely Brahim. Sur ce, le chef du refuge arriva pour nous dire que sa maison est encerclée. Il s’était avéré que la veille, on avait donné une lettre à quelqu’un pour la remettre à des familles en litige et dans laquelle ces dernières étaient sommées de ne plus recourir au service de la justice coloniale. Le chargé de cette mission s’était rendu avec le document à la gendarmerie, d’où l’encerclement de la maison-refuge. Je sortis et trouvais un soldat sénégalais en faction, mais sans m’avoir demandé quoi que ce soit. Je continuai mon chemin lorsque deux jeeps foncent directement vers la maison du refuge. Aussitôt des rafales éclatent. Moh Boufarik est gravement blessé, mais réussit à s’échapper et se cacher dans des roseaux. Après accalmie et ayant entendu des gens parler arabe, il demanda à voir vite le nommé Zouaki. C’est ce dernier qui le transporta chez les Boudiaf à El Biar où il succomba, dans la même nuit, à ses blessures. Avouant n’avoir pas connu ce militant de la première heure, Mohand Ouramdane Hachour, Si Ouali Aït Ahmed, ainsi que d’autres anciens maquisards de l’ONM de Tizi Ouzou se sont limités à l’expression de leurs hommages et remerciements, d’abord à la veuve et au fils du chahid auxquels il sera remis un tableau et une médaille d’honneur, ensuite à l’ensemble des présents et aux organisateurs, pour leur «engouement à ce travail de mémoire, impératif pour tracer les repères authentiques de l’histoire au profit des jeunes générations».

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