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samedi, 31 mars 2018 06:00

Chronique Berbérisque d'Antonio Gil de Carrasco :Grâce andalouse à Alger «la Blanche»

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L’idée est née d’une simple conversation de bienvenue, pour ainsi dire. En débarquant du Japon, la première question posée par Reporters à Antonio Gil de Carrasco, directeur du vénérable Institut Cervantès d’Alger depuis octobre dernier, était « comment trouvait-il le ciel  algérois après le temps tokyoïte » ?
L’interrogation, bien entendu, ne concernait pas tellement  la météo de chacun des deux pays ou si peu, mais le changement de « fuseau culturel » et le basculement d’un univers à un autre profondément différent. Si elle a fait sourire Antonio Gil de Carrasco, elle lui a surtout fait dire ceci : « Cela mériterait peut-être un écrit ». Au lieu de raconter sa « vie japonaise » dont il fera le récit quand il le voudra, la rédaction de notre journal lui a alors demandé s’il pouvait se lancer dans la chronique de son nouveau travail  en Algérie.  Plusieurs mois plus tard, sa réponse a été de nous faire parvenir le texte que nous vous proposons dans notre édition d’aujourd’hui avec la promesse qu’il sera suivi de nouveaux autres tous les samedis du mois, sauf exception, sous le titre de « Chroniques berbérisques».  Pourquoi cet intitulé ? On en saura certainement davantage lors des prochaines livraisons qu’on espère fécondes en réactions et remarques.
Le 12 septembre, juste après mes vacances d’été et après cinq années de travail intense à Tokyo, j’arrive avec mon épouse en Algérie, mon dixième pays, ma dixième destination professionnelle après une longue carrière professionnelle qui va bientôt toucher à sa fin.
Tout le monde me disait que je m’étais trompé en demandant Alger après Tokyo, et que le changement serait dramatique. Je dois reconnaitre que durant quelques minutes, je me suis demandé si réellement je ne m’étais pas trompé, mais je me suis rapidement résigné et au fond de moi je savais pertinemment que je n’avais pas tort, que je retournais au monde arabe pour clôturer le cycle que j’avais initié en Egypte, Syrie et Liban.
Mon arrivée à Alger fut un peu lugubre. À l’aéroport le chauffeur et la secrétaire de l’Institut Cervantes d’Alger m’attendaient, ils nous ont accompagnés mon épouse et moi à la résidence que l’Ambassade d’Espagne réserve au directeur de l’Institut Cervantes, en entrant dans l’appartement, le ciel m’est tombé dessus, le bâtiment ressemblait à une caserne des années 1960, avec des policiers qui gardaient le portail d’entrée, clôturé de fils barbelés.
En plus, l’appartement était quasiment vide, sans mobilier, il sentait la peintre fraîche, des taches de peinture sur le carrelage, sur les plaintes, sur les vitres, ce n’était pas vraiment le lieu chaleureux dont nous rêvions. Toutefois, Maria Angeles a tout de suite mis la main à la pâte, avec les quatre meubles que les collègues de l’Ambassade nous ont laissés, elle a réussi à rendre l’appartement plus chaleureux jusqu’à l’arrivé de nos meubles.
L’Institut Cervantes d’Alger est l’un des plus anciens centres du réseau, il se trouve en plein centre d’Alger. C’est un lieu très convivial rempli de souvenirs avec une salle d’exposition / auditorium / situé dans la partie qui fut jadis une chapelle, ce qui rend le lieu beaucoup plus intéressant et emblématique, surtout avec les vitraux qui laissent pénétrer une agréable lumière éclairant l’espace avec de douces couleurs.
cervantes
Les bruits, les senteurs, l’amabilité des gens, la brise marine de la merveilleuse baie d’Alger et surtout la lumière ont fait que rapidement je me suis senti comme chez moi. Le premier week-end nous sommes partis visiter les ruines romaine de Tipasa situées à 60 km d’Alger et réellement je dois dire que ces ruines sont une pure merveille en plus de l’amabilité des locaux qui ont fait que nous nous sentions vraiment comme chez nous.
Le travail à l’Institut, le fait de me familiariser peu à peu avec le personnel, m’habituer à mon appartement, était un peu mon occupation pendant les premières semaines.
Durant ces durs premiers jours d’adaptation au nouveau poste, je me suis occupé à mettre mon appartement en bonnes conditions ; travaux de plomberie, installation d’antenne parabolique, des achats indispensables en attendant de recevoir mes biens. Comptant sur la précieuse aide de Juan Manuel Corral, un andalous de Ubrique (Cadiz), concierge de l’ambassade d’Espagne, qui malgré ses 30 années à Alger, et même s’il était marié avec deux femmes algériennes, les langues n’étaient pas son point fort. Pourtant, ce n’était en aucun cas un souci pour lui, car il a créé une sorte de nouvelle langue, un créole, une composition de 70 % d’espagnol, 25 % de français et 5 % d’arabe, avec laquelle il se faisait comprendre parfaitement et qui de temps en temps provoque des situations vraiment drôles, surtout quand les conversations sont de haut niveau et que les gens ne comprennent pas tout ce qu’il raconte.  Quoi que parfois, il a quelques petits soucis, avec des gens comme dirait lui, des «têtes creuses» comme le nouveau technicien d’antennes paraboliques que nous avons en face de notre résidence située au Boulevard Bougara, El Biar. Ici, je reprends une des conversations que  Juan Manuel a tenue avec le technicien pour lui expliquer que ma carte d’abonnement  ne fonctionne plus  et que je devais l’utiliser Juan Manuel : Bonnes noches ajuya, comme estás toi ?
Technicien: Quoi?
Juan Manuel : comme estás toi, yo te he dit
Technicien : je ne comprends rien du tout
Juan Manuel: Merde alors, si yo te parle correctement en français y árabe, es que toi estés tonto
J’interviens pour lui expliquer au monsieur le salut de Juan Manuel
Juan Manuel : bien, nous queremos, régler la televisión de mon ami pero nous no sabemos el code de la tarjeta
Technicien: pardon Monsieur, mais je ne comprends pas laissez votre ami m’expliquer ce que vous voulez
Juan Manuel : comme ? je parle perfectamente français si tu me entiendes pas es tu problema. Dime, donde est tu jefe ? él me comprends muy bien
cervantes2C’était vraiment pas possible que j’intervienne plus que ça, Juan Manuel ne me laisse pas et avec patience et persévérance, j’arrive à lui expliquer tout au nouvel employé du magasin qui arrive à accéder à mon compte, en introduisant mon code d’abonnement et finalement le problème est réglé. Quiconque aurait pensé que c’était un miracle, mais moi qui été avec Juan Manuel dans plusieurs situations ; avec des plombiers, maçons, technicien informatique, j’ai vu que tout le monde arrivait à le comprendre parfaitement, sans qu’il ne domine ni l’arabe ni le français, il a inventé sa propre langue créole, un langage avec lequel il peut communiquer avec tout le monde, il est même devenu l’Ange Gardien de tous les Espagnols qui arrivent à Alger. Vive la grâce et la ruse andalouses ! Parfaitement représentées à Alger par mon ami Juan manuel. cervantes3
Durant les quelques mois que je viens de passer dans ce merveilleux pays, dans lequel j’ai réalisé en collaboration avec l’ambassade d’Espagne un bon nombre d’activités culturelles et où j’ai eu l’honneur de rencontrer et discuter personnellement avec le Premier ministre ainsi que le ministre de la Culture lors du Salon international du Livre d’Alger Sila. Ou encore la visite au port d’Alger de la Frégate Numancia, qui fait partie de la flotte de l’Otan. Ce qui démontre l’intérêt qui existe entre l’Algérie et mon pays.
Lu 607 fois Dernière modification le samedi, 31 mars 2018 12:19

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