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jeudi, 13 septembre 2018 06:00

75e Mostra de Venise : «Viva Roma !», s’écrie Venise

Écrit par Dominique Lorraine
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Malgré une sélection alléchante, sur le papier, la 75e édition de la Mostra de Venise n’aura, à l’arrivée, pas tenu toutes ses promesses. Beaucoup de réalisateurs ont déçu, manquant d’inspiration ou rabâchant des sujets déjà abordés, se tournant plus que de raison vers des films en costumes. Peu de révélation et donc peu d’émotions.


Le Jury, présidé par le scénariste, metteur en scène et producteur mexicain Guillermo del Toro, avec à ses côtés entre autres, la comédienne et réalisatrice, native d’Oran, Nicole Garcia, a donc délivré un palmarès consensuel et sans grande surprise.

Lion d’or - Meilleur film «Roma» du Mexicain Alfonso Cuarón
Tourné en 65mm et en noir et blanc, «Roma» puise dans les souvenirs familiaux de Cuarón pour dépeindre la société mexicaine des années 70. «Il s’agit du premier film dans lequel je peux complètement intégrer tout ce que je souhaite transmettre au cinéma. On y trouve plusieurs formes et couleurs d’émotions que je travaille depuis mes débuts comme réalisateur», a confié récemment Cuarón au magazine «IndieWire».
C’est un film produit par Netflix qui destine ses productions au téléchargement uniquement (Venise a franchi le pas contrairement à Cannes sous la pression des exploitants de salles). Cette distinction va-t-elle modifier la position de Netflix ?
A noter que c’est la deuxième fois de suite qu’un cinéaste mexicain décroche le Lion d’or, succédant ainsi à Guillermo del Toro (La forme de l’eau en 2017) qui présidait cette année le jury. La Mostra aurait-elle inventé, ainsi, le principe des «chaises vénitiennes» ?
Lion d’Argent - Grand Prix du Jury «The Favorite», film anglais du Grec Yorgos Lanthimos, qui décroche également la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine pour Olivia Colman.
Une reconstitution historique relatant les relations entre Anne d’Angleterre, dernière reine de la Maison Stuart, et ses favorites, sur fond de guerre de succession en Espagne et de conflits politiques internes.
Ce qui a sans doute intéressé le cinéaste plus habitué aux films surréalistes et fantastiques, c’est de développer une de ses thématiques préférés : les luttes de domination et d’influence au sein d’un groupe d’individus et les effets dévastateurs du pouvoir.

Lion d’argent-mise en scène : le Français Jacques Audiard «The Sisters Brothers» pour son western débridé sur deux chasseurs de primes sanguinaires.
Ames sensibles s’abstenir…

Coupe Volpi - Meilleure interprétation masculine : Willem Dafoe dans At Eternity’s Gatede l’Américain Julian Schnabel, le meilleur film de la sélection selon nous.
Une belle évocation de la vie de Vincent Van Gogh, poétique et originale, mettant en avant le processus de création du peintre, sujet à des crises de folie. Willem Dafoe y est tout simplement remarquable.

Prix du Scénario : Les frères Ethan & Joel Cohen pour «The Ballad of Buster Scruggs», version cinéma de leur série en 6 épisodes, avec un casting au top : Tim Blake Nelson, James Franco, Liam Neeson, Tom Waits. Un western à sketchs, plus précisément, esquissant une sorte de panorama du genre avec un chercheur d’or, un pilleur de banques, une diligence, des pionniers et des Indiens, tous les clichés du western réunis et décortiqués en un seul film.

Prix Spécial du Jury : The Nightingale de l’Australienne Jennifer Kent
Beau doublé puisque son comédien Baykali Ganambarr obtient pour sa première apparition à l’écran le Prix «Marcello Mastroianni» du meilleur espoir.
Histoire d’une jeune Irlandaise de 21 ans, reconnue coupable de meurtre et envoyée en Tasmanie en 1825. «C’est un film sur la nature de la violence et de la vengeance du point de vue de cette femme.Ce n’est certainement pas un film d’horreur, mais il se déroule dans un monde terrifiant», a commenté Jennifer Kent, qui évoquera les violence subies par le peuple indigène en Tasmanie durant la violente histoire coloniale du pays. Les cinéastes italiens sont repartis bredouilles, malgré trois films en compétition, «Suspiria» de Luca Guadagnino (un navet, selon les notes de la Critique du public), «Capri-Revolution» de Mario Martone. Un groupe de jeunes Nord-Européens venu à Capri pour tenter de vivre une aventure artistique et humaine collective en 1914, alors que l’Europe entière se prépare à la guerre. Et l’excellent «What you Gonna do when the World’s on Fire» de Roberto Minervini. Une réflexion sur la question raciale et une chronique de la communauté afro-américaine de Bâton Rouge, en Louisiane, durant l’été 2017, un an après la mort d’Alton Sterling, abattu par un policier.
Ce 75e Festival ne restera pas dans les annales, bien loin de certaines éditions passées retracées dans une exposition de 1 500 photos pour les «80 ans du festival» inauguré en 1932 sous le régime de Mussolini, -dont le nom restera lié à la Biennale de Venise ; le festival se déroulait, à ses débuts, tous les deux ans. Ce qui permet de rappeler que «La Bataille d’Alger» de Gillo Pontecorvo remporta le Lion d’or en 1966. Un film devenu mythique et incontournable.

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