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mercredi, 10 octobre 2018 06:00

Fanatisme et criminalité : Nouveau saccage d’Aïn El Fouara, Daech parmi nous

Écrit par Hamid Bellagha
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Encore un barbu, encore un fanatique, encore un déséquilibré, encore un « attentat » contre la madone de Sétif, la néréide d’Aïn El Fouara.

Hier, l’effigie mythique de la capitale des Hauts-Plateaux a encore subi les affres des ressentiments érotiques d’un forcené, car il faut l’être pour s’attaquer aux attributs sexuels d’une statue qui cette fois, heureusement, n’a pas pu aller au bout de sa tâche destructive. Le furibond exalté, d’une trentaine d’années, a été arrêté dans sa tentative de dislocation de la statue qui n’a pas été dévoilée au public en août dernier, après le passage d’un autre «collègue», en décembre 2017, et une opération de restauration qui a duré sept mois.
Le directeur de l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés de la wilaya de Sétif, Mohamed Lamine Zerarga, a déclaré que l’incident a eu lieu vers 9h15, lorsque un homme barbu et en tenue traditionnelle, est monté au niveau la partie postérieure du monument en brandissant un marteau. En même temps que le gardien du monument qui, dans sa précipitation est tombé, cette fois, les présents ne se sont pas contentés de filmer le coupable, mais se sont activés à le mettre hors d’état de nuire avant l’accomplissement de son saccage. En effet, l’auteur de cet acte a été arrêté par des agents de sécurité et des citoyens après une tentative de fuite. Le ministre de la Culture, s’exprimant par un tweet, a salué «l’acte courageux des Sétifiens qui sont spontanément intervenus pour arrêter l’agresseur de la statue », tout en promettant «de procéder rapidement à la restauration de la partie endommagée par ce déséquilibré ».
La quatrième tentative de désintégration de la statue d’Aïn El Fouara a donc été avortée. Il y a eu auparavant un plasticage de la néréide en 1997, une tentative de destruction, la nuit, par des inconnus en 2006, et enfin celle de décembre 2017, où «Boumarto » a attiré vers lui les feux de la rampe après avoir été filmé en train de détruire la statue et menaçant tous ceux qui l’approchaient.

Quatre tentatives de destruction
Cette fois, Aïn El Fouara a nécessité une véritable restauration, du fait du vandalisme de «Boumarto » et des aléas du temps et des tentatives de sabotage précédentes.
«La statue d’Aïn El Fouara demeurera à sa place et ne sera jamais déplacée au musée ou ailleurs. Mitoyenne du tramway de la ville, elle accompagnera le développement et accroîtra sa valeur historique et culturelle ». Ces mots crus du ministre de la Culture, Azeddine Mihoubi, ont été prononcés après la troisième tentative de destruction de la plus célèbre fontaine d’Algérie, non pas à l’adresse des forcenés, qui salivent à la moindre vue d’une partie du corps d’une femme, fut-il en pierre, mais en direction de quelques députés de notre illustre APN qui, non seulement n’ont pas condamné le fait de détruire un monument national classé, mais ont trouvé, indirectement des excuses à «Boumarto », en déclarant que la place de la statue de la fontaine d’Aïn El Fouara était au musée, où elle serait… bien cachée. C’est tout juste si quelques inquisiteurs de l’Assemblée populaire nationale ne s’étaient exprimés en faveur de couvrir la statue avec un hidjab. Où un nikab, pendant qu’on y est.
Un tel comportement inimaginable des élus de l’hémicycle Zighoud-Youcef a été bien enregistré par un autre «Boumarto », et c’est sans doute fort des «conseils » des islamistes de l’APN, qu’il a tenté de détruire une statue qui n’a rien demandé et qui regarde, depuis quelques mois, le tramway passer.
Malgré «les recommandations » de nos «chers » députés, la statue a été «confiée à des experts algériens qui ont une grande expérience et une parfaite maîtrise de l’art de restauration des statues, selon les normes académiques et esthétiques requises », à leur tête, Abdelkader Bensaleh, un expert algérien mondialement connu dans le domaine de la restauration des statues et des mosaïques. Mihoubi a également précisé, lors de la restauration de la statue, que son département a accompagné l’équipe de chevronnés chargée de l’opération de restauration. Le plus connu des Sétifiens après Ferhat Abbès et Salhi Abdelhamid tiendra à démentir les sommes faramineuses avancées pour la restauration de la statue, en précisant qu’il a été avancé un montant symbolique «représentant le coût des matériaux utilisés dans la restauration ».
En attendant qu’un autre exalté tente de rééditer «l’exploit » de «Boumarto », chose que toute personne censée n’espère point, mais appréhende, tant que des élus «encouragent » ce genre de comportement, rappelons que la statue d’Aïn El Fouara a été réalisée par le sculpteur français d’origine italienne Francis de Saint-Vidal, il y a plus 120 années. Elle représente, pour ceux qui ne la connaissent pas, une femme à moitié dénudée, sans offense, juchée sur un piédestal en forme de rocher, haut de 2 mètres, d’où jaillit une eau pure. La statue avait été classée propriété culturelle nationale en 1999.

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