Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.
mercredi, 13 juin 2018 06:00

Exposition « Calligraphie enflammée» à la galerie Aïcha-Haddad : Saliha Khelifi, caractère de feu et ode aux valeurs universelles

Écrit par Sihem Bounabi
Évaluer cet élément
(0 Votes)

L’exposition « Calligraphie de feu » de l’artiste plasticienne Saliha Khelifi est à découvrir jusqu’au 14 juin à la galerie Aïcha-Haddad de l’Etablissement art et culture, ouvert en journée et en soirée afin de partager avec les visiteurs la courbure des lettres et l’éclat des couleurs, les valeurs universelles en résonnance avec ce mois sacré, à l’instar du dialogue, du pardon, de l’espoir et de la tolérance.


La galerie Aïcha-Haddad, de l’Etablissement art et culture, rue Didouche-Mourad, à Alger, accueille l’exposition de près d’une quarantaine d’œuvres de l’artiste plasticienne et pédagogue Saliha Khelifi, intitulée «Calligraphie enflammée» véritable ode au «vivre ensemble» dans le partage des valeurs universelles, ainsi que des œuvres dédiées au symbole amazigh dans l’optique de promouvoir nos repères identitaires. Souriante et passionnée, Saliha Khelifi explique que le concept de la « calligraphie enflammée» ou « calligraphie de feu » est une calligraphie qu’elle a inventée après s’être spécialisée dans la calligraphie, le koufi architectural. Ce qui distingue sa calligraphie, c’est le fait que les lettres arabes sont entremêlées avec des caractères latins et se terminent à leurs extrémités par des flammes. Elle précise à ce sujet que «les flammes ont une double signification.
C’est la flamme qui symbolise toute souffrance humaine à l’échelle universelle, à l’instar des flammes des guerres et des malentendus. Mais c’est aussi la flamme de l’espoir, de la lumière divine qui nous guide sur le bon chemin, celui du partage des valeurs universelles, comme le respect, le travail, le savoir, la tolérance, l’espoir et l’amour»
L’artiste ajoute qu’à travers une approche esthétique de la transcription de ces valeurs sur la Toile, elle veut « transmettre un message de paix, d’amour et de réconciliation entre les êtres. Que cela soit entre les membres d’une même famille, dans la société ou à un niveau plus universel, le partage de ces valeurs entre les peuples ».
Renchérissant que «peinée par tous ces conflits et l’injustice dans le monde, je me dis qu’il est important de rappeler inlassablement ces valeurs partagées par tous pour un meilleur vivre-ensemble. Car les notions de liberté, du dialogue constructif et de la tolérance sont les piliers de toutes les civilisations et sociétés dans le monde ». Saliha Khelifi, qui a peint jusqu’à présent près de mille deux cents toiles, souligne, concernant la palette de couleurs, que le choix est en adéquation avec les valeurs évoquées dans le tableau. Ainsi la couleur verte est utilisée pour les valeurs de la foi, à l’instar du nom
d’Allah ou le Coran. Le rose pour les sentiments profonds, l’amour et la tendresse, tandis que le bleu est utilisé pour les valeurs humanistes et spirituelles, tel que l’espoir, la tolérance et le pardon. Alliant sa passion plastique à celle de la poésie et de l’écriture, l’artiste accompagne ces œuvres d’adages ou d’énigmes en concordance avec la thématique abordée par les valeurs exprimées sur l’œuvre.
Symboles amazighs et repères identitaires
Par ailleurs, lors de cette exposition, les visiteurs peuvent également découvrir des tableaux dédiés aux symboles et signes amazighs, que l’artiste a sublimés avec une touche personnelle et colorée accompagnés de poèmes d’explication en arabe ou en français. A l’instar des tableaux intitulés «Abeille » et «Liberté». Saliha Khelifi, qui a conçu et réalisé le premier timbre-poste dédié à la célébration de Yennayer, confie qu’elle a à son actif déjà plus de deux-cents œuvres dédiées à ces symboles qui sont des repères identitaires importants à transmettre. Elle confie qu’elle a déjà réalisé plus d’une centaine de tableaux sur cette thématique, en soulignant qu’« il y a plus de mille signes amazighs qui existent. Je choisis les symboles les plus utilisés, tels que ceux que l’on retrouve sur les poteries, les tapis, les tatouages, et je mets en valeur leurs signification ».
Ayant à son actif plusieurs expositions en Algérie et dans le monde entier, dont l’Espagne et le Canada, et a remporté plusieurs distinctions, Saliha Khelifi, enseignante de langue arabe pendant plus d’une dizaine d’années, a été lauréate en 1986 du Premier prix de la meilleure enseignante d’Algérie par le ministère de l’Education nationale. Encouragée, l’artiste, pour allier sa passion à son métier, est retournée à l’Institut technologique de l’éducation (ITE) de Ben Aknoun pour s’auréoler du diplôme de professeur d’arts plastiques, en 1988, qu’elle a enseignée jusqu’à sa retraite. Depuis, elle se consacre entièrement à la créativité et à l’exploration des différents univers esthétiques de la calligraphie. Lors de son exposition à la galerie Aïcha-Haddad, en ce mois sacré, pédagogue dans l’âme, l’artiste prend la peine d’expliquer aux enfants qui accompagnent leurs parents, la symbolique des tableaux, ainsi que les énigmes qui les accompagnent.
Valorisant l’intérêt des enfants pour l’exposition, elle leur demande d’écrire leurs impressions sur le livre d’or, en notant leur âge et leur niveau scolaire. Elle souligne à ce propos : «J’apprécie l’art qui enseigne et j’ai remarqué, lors de mon parcours, que les jeunes et les enfants sont créatifs. Il suffit juste de les encourager. Il est aussi important de promouvoir les activités culturelles et artistiques dans le cursus scolaire et apprendre à nos enfants à aimer tout ce qui est artistique. »

Laissez un commentaire