Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.

francealgerie

mardi, 10 juillet 2018 06:00

Patrimoine : La réhabilitation, clé de l’écotourisme auressien

Écrit par Khedidja Arras
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Rares sont ceux qui font un passage à Batna sans se rendre aux gorges du Ghouffi. Rares sont ceux qui ne s’arrêtent pas devant les ruines de ce qui fut jadis l’hôtel Transatlantique : un surprenant endroit incrusté à même le canyon et qui fut à son âge d’or un établissement fréquenté par les touristes essentiellement européens qui s’aventuraient sur le circuit Batna-Biskra en passant par Arris.

Le transatlantique ou le «transat», a appartenu à ses débuts à la Société des voyages et hôtels nord-africains, filiale de la Compagnie générale transatlantique. Des récits de presse de l’époque décrivent un établissement ouvert dès le début des années 1930. Il aura son âge d’or à cette période avant qu’il ne connaisse un déclin à la fin de la Seconde Guerre mondiale et les années 1950. Bien qu’abandonné et n’ayant connu aucune exploitation après 1962, le site était encore debout jusqu’aux années 1970. Vers la fin de la décennie 1980, il a connu d’importantes dégradations qui se sont aggravées aujourd’hui, mais de nombreux spécialistes, dont l’architecte Hanane Meguelati, pensent toujours qu’il est éligible à un programme de réhabilitation. Comme nous l’avons écrit dans notre édition du 16 avril 2017, cette jeune architecte, originaire d’El Kantara, a fait le choix de travailler sur le patrimoine architectural du Grand-Aurès et son rêve, aujourd’hui, est de revaloriser cet hôtel encastré dans le canyon. Sa thèse universitaire qu’elle vient de finir a porté sur le site après avoir consulté à Paris une quantité importante de documents et d’archives de l’époque. «Le plus important, confiait-t-elle à notre correspondant Rachid Juba, est de le reconstituer à l’identique de ce qu’il était à sa construction, dans les années 1900, et de respecter son intégration dans le décor naturel et géologique des gorges du Ghouffi en y apportant les commodités dont a besoin aujourd’hui le visiteur.» En raison de son état de dégradation avancé, le site a découragé bien des élus et fonctionnaires locaux du tourisme, mais Hanane Meguelati croit «possible de le remettre à l’authentique» après une étude sérieuse de certains documents et un relevé topographique du site. L’Assemblée populaire communale de Ghassira, dont dépend le lieu, serait intéressée par le projet. Plusieurs autres collectifs et associations, dont l’Association algérienne pour la sauvegarde et la promotion du patrimoine (AASPPA), les Amis de Ghouffi, mais aussi des architectes, à titre individuel, se disent également prêts à contribuer et à mener à bon port cette belle et grande entreprise. Mais rien de concret n’a été décidé pour l’instant. Au-delà de l’hôtel «Transat», Hanane Meguelati s’intéresse bien évidemment au patrimoine du bâti dans les Aurès. Elle avait déclaré dans nos colonnes, que le modèle c’est «la maison du Ghouffi». «Il est impératif, disait-elle, qu’on préserve le génie de bâtir qu’avaient nos anciens en tenant compte de la texture de la terre, du temps et du climat.»

Laissez un commentaire