Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.

francealgerie

jeudi, 12 juillet 2018 06:00

Lecture : Trêve estivale et désert dans les librairies

Écrit par Fadila Djouder
Évaluer cet élément
(0 Votes)

L’été, qui devrait être synonyme de vacances et de temps libre propice à la lecture et la découverte de nouveaux ouvrages, est marqué chez nous par un véritable désintérêt pour l’achat de livres. Tel est le constat suite à une virée dans les librairies de la capitale, désertées par les lecteurs.

Les livres s’entassent ainsi sur les étagères en attente d’acquéreurs hypothétiques. De visu et selon les déclarations des différents libraires rencontrés, il est à souligner que les ventes diminuent particulièrement en cette période, même si quelques vacanciers aiment se munir d’un roman pour le lire au bord de la mer ou autre. La plupart des libraires se plaignent, ainsi, du manque d’acheteurs en saison estivale.
Soit une chute de près de 80% des ventes, nous affirme-t-on. Selon les responsables, les causes de ces pertes sont dues au changement du rythme d’activités des lecteurs, qui préfèrent se consacrer à d’autres loisirs ou encore d’autres moyens de se détendre en vacances.
Les 20% restants préfèrent se tourner vers le roman qui est plus léger et qui ne demande pas beaucoup de réflexion.
La librairie du Tiers-Monde, à proximité de la place Emir Abdelkader, une des librairies les plus prisées de la capitale, tant par la qualité des ouvrages proposés, de son programme de ventes-dédicaces, connaît elle aussi un certain désintérêt de la part des clients.
Ali Bey, gérant de ce lieu mythique, nous explique qu’«en période estivale, les gens préfèrent acheter tout ce qu’ils ne peuvent pas lire pendant l’année. Ils essayent entre autres de s’évader en lisant les livres en dehors de leur spécialité». Ajoutant que «durant toute l’année, ils se concentrent sur des livres de soutien scolaire ou des livres techniques pour les étudiants. Par contre, en été, ils essayent de s’évader en achetant des romans, des récits et même de la poésie. C’est un moyen pour eux de se vider la tête et se distraire grâce à la lecture».


Les vacanciers séduits par les romans et la poésie
Les livres que préfèrent les estivants, selon Ali Bey, sont en premier lieu, les nouveautés algériennes, surtout celles d’auteurs connus. «Actuellement, les gens n’arrêtent pas de demander le dernier roman de Yasmina Khadra, intitulé « Khalil » et qui sera en vente au mois d’août prochain. D’autres lecteurs préfèrent renouer avec les grands classiques comme, par exemple, tous les romans de Victor Hugo. D’autres préfèrent rechercher les bestsellers mondiaux, tels que les ouvrages de Paulo Coelho qui sont aussi très demandés», précise-t-il. La problématique de la cherté du prix du livre est la question qui revient à chaque fois. Le gérant de la librairie affirme : «J’ai toujours répondu que le livre publié et édité en Algérie est abordable. Il est à la portée de tout le monde, sachant que le livre coûte environ 500 ou 600 DA. Parfois les gens dépensent autant pour acheter leurs paquets de cigarettes.» Toutefois, il nuance ses propos en ajoutant : «Maintenant, ce qui est du livre importé, c’est vrai que la question reste toujours posée par rapport au pouvoir d’achat. Beaucoup d’Algériens ne peuvent pas se permettre d’acheter plusieurs romans, alors que d’habitude ils achètent plusieurs ouvrages à la fois. Etant donné la cherté du livre importé aujourd’hui, la dévaluation du dinar, en plus de toutes les charges quotidiennes qui pèsent sur les bouses des ménages, les gens qui achetaient quatre à cinq livres auparavant, aujourd’hui, ils n’achètent qu’un seul livre, au maximum deux». Par ailleurs, afin d’impulser un regain d’intérêt pour les ouvrages proposés au niveau de la librairie du Tiers-Monde, Ali Bey nous confie que la librairie programmera une série d’activités pour la saison estivale. «Nous avons contacté pas mal d’auteurs, même étrangers. On attend juste leurs réponses.
D’ici là, nous annoncerons les détails de cette activité incessamment», confie-t-il. Le gérant affirme que dans cet esprit de promouvoir la lecture durant cet été, la librairie restera ouverte tout au long de la saison estivale. Elle travaillera même en nocturne afin de répondre aux attentes de la clientèle.
Dans une autre librairie mythique de la capitale, en l’occurrence la librairie des Beaux-Arts, située également au cœur d’Alger, Radia, la vendeuse, nous confesse que «les ventes de la librairie diminuent beaucoup en saison estivale. Mais, il y a des gens qui achètent des livres pour leurs voyages ou pour les lire sous un parasol à la plage». Selon elle, «pendant les vacances, les lecteurs préfèrent les livres légers qui ne prennent pas beaucoup de réflexions, tels les romans, et d’autres, au contraire, ils préfèrent les essais philosophiques ».


Attrait mitigé de la jeunesse pour le livre
Elle explique aussi que la clientèle de la saison estivale est en majorité des personnes âgées. «Nous recevons beaucoup de personnes âgées, elles sont plus intéressées par la lecture. La nouvelle génération préfère se tourner vers des supports de lecture numériques. D’autant, qu’aujourd’hui, les livres sont accessibles librement sur internet. Mais cela dépend aussi des quartiers. Par exemple, contrairement à cette librairie, au niveau de notre librairie située au Val d’Hydra, les jeunes sont de plus en plus attirés par le livre en papier et retrouvent le plaisir d’avoir un livre à feuilleter. »
A propos des ouvrages qui connaissent un certain succès auprès des lecteurs, Radia nous confie que «les romans qui sont les plus demandés chez nous, sont ceux de Daniel Still, Nora Roberts, Guillaume Musso, Marc Levy ou encore Juliette Benzoni. Ça reste des livre légers qui sont faciles à lire». Abordant le programme d’animation de la librairie, notamment les rencontres avec les auteurs durant cette saison estivale, notre interlocutrice nous apprend que durant la saison estivale, la librairie n’organisera aucune activité, ni rencontre. En soulignant que «les gens sont absents, ils sont en voyage ou s’amusent. Nous programmerons des activités dès la rentrée». Toutefois, elle ajoute que «la librairie sera ouverte pour la saison estivale et durant toute l’année, contrairement à ce qu’a déclaré la presse sur la fermeture du lieu. Au final, en sillonnant plusieurs librairies de la capitale, c’est le même écho.
Des lecteurs occasionnels et une forte réduction d’achat de livres, marquant ainsi un véritable désamour de l’Algérien pour la lecture estivale, en contraste avec le reste de l’année et des différentes politiques mises en place pour la promotion du livre et de la lecture publique.

Laissez un commentaire