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mardi, 17 avril 2018 06:00

Après une intervention militaire aux résultats très limités : Syrie : les Occidentaux maintiennent la pression sur le chimique

Écrit par Adlène Badis
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L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) tenait hier une réunion d’urgence sur la Syrie, alors que la tension n’est pas encore tombée après l’agression par trois puissances occidentales visant la Syrie.
La controversée question du chimique continue de susciter la polémique et le travail des experts de l’OIAC a été fortement perturbé par l’intervention militaire conjointe de Washington, Londres et Paris contre Damas.
La poursuite de l’enquête sur le terrain s’en trouve compliqué aujourd’hui qu’il y a eu intervention militaire sans attendre aucun résultat et aucune preuve. Ces bombardements qualifiés de « ciblés » menés par Washington, Paris et Londres, sont intervenus malgré la présence en Syrie d’enquêteurs de l’OIAC, qui ont débuté dimanche leur mission dans le plus grand secret. Ces experts ont pour mandat d’enquêter sur l’utilisation éventuelle d’armes chimiques. La Russie, qui a déclaré que ces attaques ne seront pas sans conséquences, s’est engagée à « ne pas s’ingérer » dans le travail de la mission, officiellement invitée par les autorités de Damas qui nient toute responsabilité dans cette affaire du chimique. Après cette agression occidentale en dehors de tout mandat de l’Onu, le ballet diplomatique a repris sur le dossier syrien. Une réunion d’urgence du conseil exécutif de l’OIAC a lieu au siège de l’organisation à La Haye, capitale des Pays-Bas. Les pressions occidentales n’ont pas cessé. Par ailleurs, Américains, Français et Britanniques ont présenté à l’ONU un nouveau projet de résolution sur la Syrie. Le texte inclut notamment la création d’un nouveau mécanisme d’enquête sur l’emploi d’armes chimiques. L’argument du chimique est toujours maintenu comme moyen de pression politique contre la Russie et ses alliés.

«Mission accomplie»
Dans la capitale syrienne des milliers de personnes sont sortis à la place des Omeyyades, fermée à la circulation pour l’occasion, brandissant drapeaux syriens et portraits du président Assad pour dénoncer l’agression occidentale. Cette dernière semble avoir eu l’effet contraire, c’est-à-dire rendre plus populaire le gouvernement syrien. Samedi à l’aube, une semaine après un battage médiatique tendu, ces trois pays avaient mobilisé navires de guerre et avions de chasse pour mener une attaque disant cibler des centres de recherche liés à un soi-disant programme d’armement chimique. Selon les informations qui ont suivi l’attaque, qui semble avoir été un fiasco puisque les trois quarts des missiles ont été interceptés par la DCA syrienne, les Russes auraient été prévenus et à leur tour ont informé les Syriens. « Mission accomplie », s’est félicité le lendemain sur Twitter le fantasque président américain Donald Trump. Cette intervention ne remet pas en question l’équilibre sur le terrain mais pourrait au contraire libérer les Russes et les Syriens de certaines hésitations vis-à-vis des Américains et leurs alliés. Le président français Emmanuel Macron s’est montré accommodant après plusieurs jours de déclarations belliqueuses. La France « n’a pas déclaré la guerre » à la Syrie a-t-il assuré dimanche.

«Reprendre le chemin du dialogue»
Le président russe Vladimir Poutine avait mis en garde les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni contre toute intervention en Syrie, qui entraîneraient « inévitablement le chaos » dans les relations internationales. Les frappes ont d’ailleurs été dénoncées par l’ambassade de Russie à La Haye, comme ayant pour but de « saper la crédibilité » de la mission d’enquête de l’OIAC. Les enquêteurs à Damas ont tenu « plusieurs réunions » avec des responsables syriens pour discuter de la mission à mener « avec transparence et neutralité », a assuré le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mokdad. L’Union européenne s’est réunie sur la question où le discours de Paris et de Londres est resté dur envers Damas. Seule l’Allemagne a tenu une position de détente. « Sans la Russie, il est impossible de résoudre ce conflit », a reconnu le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas. Le mot d’ordre est éviter une « escalade » militaire dans la région, a-t-il insisté. « Nous devons reprendre le chemin d’un dialogue politique sur la Syrie avec la Russie et l’Iran », a noté le chef de la diplomatie belge Didier Reynders. Nombre de gouvernements européens ne veulent pas de tension avec notamment la Russie. La veille de l’intervention Moscou avait mis en garde contre tout acte « irréfléchi et dangereux en Syrie » qui pourrait avoir des « conséquences imprévisibles ». Une intervention militaire en dehors du cadre de la légalité internationale pourrait, en effet, avoir des conséquences néfastes. Comment appliquer aux autres un droit qu’on n’hésite pas à violer soit-même ?

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