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mardi, 13 février 2018 06:00

Oum El Bouaghi : 44 ans après sa création, la wilaya entre tâtonnements et quête de dynamique économique

Écrit par Kader M.
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Avec une vocation agricole ancestrale tâtonnante, tributaire toujours de la clémence du ciel (pluviométrie) et l’absence d’une réelle base industrielle et d’investissements lourds, la wilaya d’Oum El Bouaghi demeure à la croisée des chemins en cette conjoncture économique marquée par des efforts conséquents menés par les responsables locaux pour le développement de la région.

Cela étant, la wilaya d’Oum El Bouaghi, issue du découpage de 1974, est localisée dans la région est des Hauts-Plateaux. Avec une position géographique stratégique, elle est imitée par 7 wilayas de l’Est algérien, Constantine (nord), Guelma, Souk Ahras et Mila (nord-ouest), Batna (sud-ouest), Khenchela (sud), Tébessa (sud-est), et constitue un véritable carrefour pour ces régions. Sa population estimée à plus de 600 000 habitants est répartie sur une douzaine de daïras chapeautant pas moins de 29 communes, la wilaya a pour chef-lieu la ville d’Oum El Bouaghi avoisinant les 80 000 habitants. Avec un climat plutôt continental, froid et pluvieux en hiver, chaud et sec en été, la wilaya d’Oum El Bouaghi comptabilise des précipitations annuelles moyennes variant de 300 à 400 mm qui sont plutôt favorables à la céréaliculture. Cette vocation, au demeurant tributaire de la générosité du ciel (la nette insuffisance de l’irrigation) enregistre des hauts et des bas. A titre d’exemple, la wilaya a concrétisé, il y a quelques années, une production céréalière dépassant les 4 millions de quintaux en se classant deuxième, juste derrière la wilaya de Tiaret (grenier des céréales). Les saisons agricoles 2012/2013 et 2016/2017 ont été complètement sinistrées à cause de la sécheresse. Cette situation bon an mal an, au plan de la dynamique économique de la wilaya, ne fait qu’exacerber la précarité sociale des populations des zones rurales qui ne savent plus à quel saint se vouer et demeurent toujours tributaires des aides des pouvoirs publics pour pouvoir se maintenir dans leur activité ancestrale. Pourtant, la région dispose d’un milieu naturel et des potentialités riches et diversifiées, ne demandant qu’une exploitation rationnelle pour leur valorisation et la création de ressources. Caractérisé par des richesses végétales et animales appréciables, le milieu naturel en question est constitué d’une superficie forestière de plus de 75 000 ha, soit plus de 13% de la superficie globale de la wilaya. De nombreuses espèces végétales telles le pin, le sapin, le chêne-liège s’y adaptent au même titre que les espèces animales comme le sanglier, la hyène, le lièvre, le loup, le renard et de nombreuses espèces d’oiseaux, notamment migrateurs. Ces derniers, à l’exemple des flamants roses, grues, tadornes.... demeurent en grand nombre notamment les migrateurs en saison hivernale. La wilaya a compté plus de 30 000 oiseaux auparavant dans les zones humides, parmi lesquels certaines espèces sont protégées tels le flamant rose et le canard. Dans ce contexte, la wilaya compte 11 zones humides parmi lesquelles cinq (05) classées dans la convention international Ramsar (1971) de protection et d’entretien des zones humides. Ces dernières constituent avec les forêts (Sidi Rghiss, Aïn Chadjra...), les montagnes (Djebel Tarf, Guélif, Guerioun...) de véritables potentialités touristiques pour la wilaya qui demeure un véritable musée à ciel ouvert en matière d’histoire et de vestiges archéologiques rappelant diverses civilisations, à l’exemple de la cité romaine de Sigus, Makomades (Oum El Bouaghi), Kadiofala (Ksar Sbahi), Dhalaa, Marciméni (Aïn Beïda )... D’autre part, le sol de la région demeure très riche en matériaux de construction notamment les agrégats et le sable. La production couvrant les besoins de la wilaya est en partie écoulée vers les wilayas voisines. Néanmoins, l’industrie tâtonne toujours en matière d’unités de productions et de création d’emplois. Des zones industrielles comme celles d’Aïn M’lila, Aïn Beïda attendent toujours l’arrivée d’investisseurs dignes de ce nom, alors que la zone de dépôt et d’activité du chef-lieu de wilaya demeure déserte en l’absence d’activités industrielles. De ce fait, les autorités semblent ces derniers temps avoir pris le taureau par les cornes en accordant des facilités et des mesures incitatives aux investisseurs pour s’installer (assiettes foncières, coûts raisonnables, commodités…). Le fruit de ces efforts semble se concrétiser peu à peu puisque la wilaya compte déjà quelques nouvelles unités de production fonctionnelles, voire certaines exportent leurs produits (gants médicaux). Aussi il importe de rappeler que la wilaya est à une heure de l’aéroport de Constantine, à une heure trente du port de Skikda et est traversée par une ligne de chemin de fer (Tébessa-Aïn Mlila) d’une longueur de 165 km, un réseau routier impeccable de plus de 400 km de routes nationales, faisant de la wilaya un passage incontournable pour la liaison entre l’Est, l’Ouest et le Nord du pays. Mais où en sont toutes les perspectives attendues de cette fameuse ligne, notamment en matière de transport de marchandises et même de voyageurs ? Où est passé ce fameux train assurant la ligne Meskiana, Aïn Beïda-Oum El Bouaghi-Aïn Fakroun-Aïn Mlila, dont le prix du voyage est plus qu’exorbitant ? Mis à part quelques unités d’industries légères appartenant à des privés, implantées à Aïn Mlila et Aïn Beïda, l’activité économique de la wilaya est plutôt marquée par l’existence de deux comptoirs régionaux, le prêt-à-porter (made in China) d’Aïn Fakroun et la pièce détachée à Aïn M’lila avec bien sûr l’impact négatif de la qualité de la marchandise bon marché, laissant à désirer et la contrefaçon faisant rage, notamment pour la pièce détachée. En matière de constructions de logements, certes la wilaya a bénéficié, dans le cadre des divers programmes de développement, de la réalisation de milliers de logements, voire de nouvelles villes, telles Makomades au chef-lieu de wilaya, mais l’architecture et le suivi rigoureux ont fait largement défaut à tel point que des souscripteurs sont toujours dans l’attente de la réception de leurs logements depuis des années, sans parler des mouvements de contestation déclenchés à chaque fois par ces derniers pour exiger la relance et l’achèvement des logements en question. En dépit de la formule de payement pour le LSP, l’architecture de ces derniers est de loin incompatible à celle des logements réalisés dans d’autres wilayas. S’agissant de l’éducation et de la formation, cela demeure peut-être la satisfaction de la wilaya qui s’est réellement dotée d’infrastructures suffisantes constituant ainsi un véritable rayonnement culturel. Effectivement, le nombre de plus d’une quinzaine de lycées en cours de réalisation dans la wilaya explique l’essor du secteur de l’éducation en matière d’infrastructures.
S’agissant de l’enseignement supérieur, l’université Larbi-Ben Mhidi d’Oum El Bouaghi demeure un exemple, voire un exploit en matière de développement, en passant de 250 étudiants à peine en 1983 à plus de 25 000 étudiants actuellement avec près d’un millier d’enseignants et une panoplie de spécialités et branches. Par ailleurs, la wilaya comptabilise pas moins de 26 établissements de la formation professionnelle (INSFP, CFPA, Annexes FPA) et de d’autres infrastructures sont en cours de réalisation. Enfin, en matière de santé, ce secteur névralgique continue aussi à faire face à l’insuffisance de spécialistes surtout et son infrastructure nécessite un renforcement en matière de services, pavillons et blocs.
L’exemple du chef-lieu de la wilaya qui n’a jamais bénéficié d’un projet proprement dit de réalisation d’un hôpital – les EPH Mohamed-Boudiaf, totalement incompatible, Ibn Sina, ex-hôpital colonial réhabilité à coup de milliards -, le projet inscrit en 2013, en phase d’achèvement de l’étude 95%, est révélateur ! 

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