Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.
lundi, 16 avril 2018 06:00

Ghardaïa : Pluies et grands bourbiers

Écrit par O. Yazid
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Des quartiers entiers se sont retrouvés prisonniers des eaux qui n’arrivaient pas à s’écouler après les fortes averses, dans la nuit de vendredi à samedi, sur Ghardaïa et ses environs, mettant ainsi à nu toutes les imperfections des travaux et ouvrages réalisés après la catastrophe des inondations du 30 septembre 2008, et dont le traumatisme est toujours vivace dans l’esprit de la population.

Déferlant des collines qui entourent la ville, les eaux en furie charriant au passage des tonnes de détritus et toutes sortes d’objets hétéroclites, forment en aval de véritables marécages avec tous les dangers qu’ils peuvent générer. Les pluies qui se sont abattues durant la nuit ont généré des «piscines» à ciel ouvert dans certains endroits où les eaux ne trouvaient pas d’exutoire. Les décharges sauvages qui ont poussé tout autour de la ville, dans l’indifférence totale des pouvoirs publics, constituent aujourd’hui une véritable épée de Damoclès sur la tête de la population de la vallée. A Bounoura, le stade de Sidi Abbaz, refait entièrement après avoir été détruit par les crues de 2008, s’est transformé en un immense lac gluant. En plein milieu de la cité des 400 Logements, que d’aucuns appellent, par dérision, Hydra, juste à l’entrée sous voûte faisant face à la daïra de Bounoura, une grande et profonde flaque d’eau empêche de passer. Les habitants pour se rendre sur la grande rue doivent faire tout un détour. « Avant, on n’avait pas ce problème, c’est depuis que des génies ont décidé de refaire le goudron, qui était très bon, que cette piscine est née. Ils n’ont respecté aucune norme et ont provoqué une espèce de crevasse qui, à chaque intempérie, se remplit d’eau de pluie et crée ce marécage », s’indigne un habitant du bloc 28 qui n’arrivait pas à traverser cette grande flaque d’eau. Ajoutant d’un air dépité : «C’est à se demander sur quelles normes ont été faites les études et surtout sa réalisation. Quel gâchis et qui en est responsable ?» Un voisin, qui regardait par la fenêtre, s’emporte : «L’impunité doit être bannie. Ceux qui se sont remplis les poches, eux et leurs copains, doivent rendre des comptes sur la qualité des travaux qui nous mettent, nous et nos familles en danger. » Dans les quartiers de Belghanem, Kerkoura, Baba Saâd, Baba Oudjema, Adjroud, Bougdema Mermed, El Korti et Bouhraoua, les mêmes scènes d’immenses flaques d’eau, obstruent dangereusement la circulation rendant aléatoires les mouvements de la population.
Quelques équipes des services de l’hydraulique rencontrés sur les hauteurs de la ville essayaient autant que faire se peut de déboucher les avaloirs complètement engorgés. Cette situation a généré une grande perturbation de la circulation automobile mettant les nerfs des conducteurs à vif.
En plein centre-ville, du côté du pont de la gare SNTV, une véritable pagaille régnait au milieu de la journée, chacun voulant passer avant l’autre au point où personne ne pouvait avancer d’un mètre. Quelques-uns en sont presque venus aux mains. Les agents de la circulation en poste avaient toutes les difficultés du monde à se faire respecter, tant l’anarchie était maître des lieux. Remarquant notre présence, un citoyen, hors de lui lâche : « Où sont les responsables ? Nous pataugeons dans la boue et la gadoue et eux, ils restent bien au chaud dans leurs nids douillets ». Les automobilistes sont les premiers à se retrouver face aux mares d’eau recouvrant parfois toute la chaussée.
Tout un boulevard, l’un des plus importants de Ghardaïa, celui du 5-Juillet qui fait pratiquement 2 km, a été fermé à la circulation parce qu’une énorme flaque d’eau s’est formée au bas du carrefour Merghoub, obligeant les services de sécurité à détourner la circulation à partir du rond-point de Merrakchi, les faisant passer par Tichrihine au bas de Ksar de Mélika.
L’absence d’ouvrages dans certains endroits, notamment entre le bas de Beni Izguène et le grand rond-point de Sidi Abbaz, qui dessert Bounoura et El Atteuf, a permis aux eaux pluviales de s’accumuler au niveau de plusieurs virages et surtout sur la nouvelle route qui part du dessous des remparts de Bounoura vers El Atteuf.
Elle est complètement obstruée par les eaux pluviales. En plusieurs endroits de la ville et de sa périphérie, les automobilistes sont contraints de se déporter vers le côté gauche et se mettre ainsi en danger, surtout que la visibilité était très réduite par la pluie et le vent. N’a-t-on pas encore retenu les leçons d’un dramatique 30 septembre 2008 ?

Laissez un commentaire