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dimanche, 14 janvier 2018 06:00

Célébration de Yennayer à « Cinuvers » de l’Oref : «Wech Derna ? », des actions constructives ancrées dans l’algériannité

Écrit par Sihem Bounabi
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Le cinéclub « Cinuvers », a organisé vendredi passé, à la salle Zinet, une double célébration, celle du Nouvel An amazigh et le 1er anniversaire de la websérie «Wech Derna ? », réalisée par Riadh Touat, dans une salle archi-comble et dans un esprit de partage d’initiatives et de débats constructifs.

La célébration du Nouvel An amazigh, Yennayer, organisée par les membres du ciné-club «Cinuvers», cofondé par Nabil Ait Said et Redouane Khalil Madani, s’est distinguée par la découverte d’une véritable moisson de jeunes talents qui innovent autant dans le monde de la culture, de l’art que de l’entrepreneuriat. Le ton de la soirée est donné dès l’entrée à la salle Zinet de l’Oref. Les arrivants sont accueillis avec des friandises et des prospectus ancrés dans l’esprit de « Wech Derna ?». Celle de jeunes algériens qui relèvent le défi du contexte actuel pour entreprendre des actions tant au niveau individuel que collectif. Dans le hall, des musiciens amateurs et professionnels anime une jam session où différents airs sont interprétés ; du jazz au rock metal en passant par la musique gnawie. Des tables sont dressées avec des poteries et des ustensiles traditionnels débordant du fameux « traze», mélange de treize fruits secs et friandises, des assiettes de figues sèches et de dattes, de la galette traditionnelle et moult gourmandises tirées des rituels ancestraux de la célébration de Yennayer. Dans le même espace, la jeunesse ancrée dans ses racines identitaires avec un pied dans la modernité et illustrée par l’exposition des créations de la jeune Manel Drareni de «5ART». Architecte de formation, plus spécifiquement dans l’architecture durable, elle confie que « c’est un honneur d’être présente ici aujourd’hui pour cette double célébration ». « Il y a une belle convergence d’énergies positives et créatives qui nous motivent à aller de l’avant. Ma passion c’est la peinture, la création de bijoux et de décoration d’intérieur à partir d’objets recyclés dans une démarche de respect de l’environnement. J’aspire à développer mon projet dans un avenir proche ».


« Laadjouza », mythe ancestral
Après le cocktail traditionnel de bienvenue, les participants sont conviés à rejoindre la salle de projection. La salle est archicomble et des dizaines de personnes sont assises sur les escaliers, faute de places. Le «la» de la soirée débute avec la découverte du conte de Yennayer, racontée par la conteuse Sihem Kennouche, majestueuse dans une tenue chaouie aux couleurs bois de rose et vert marabout. La salle est emballée par la variante du fameux mythe de « Laadjouza » remixée au goût du jour et fortement applaudie par les présents. La conteuse confie après son spectacle : « Je suis heureuse de célébrer Yennayer dans une ambiance aussi conviviale. Je suis venue sur l’invitation de Riadh Touat. J’ai adapté le conte initial pour enfants au public adulte et je suis contente de la réaction de la salle qui a beaucoup apprécié ». Concernant cette première partie de la soirée, Nabil Ait Said confie : «Je suis très content déjà du fait que des gens se présentent à moi et revendiquent leur identité berbère et que l’écriture des tickets en tamazight ait séduit beaucoup de personnes. Certains m’ont marqué comme un gars du Mzab qui était fou de joie de voir ça pour une soirée Yennayer» Il a ajouté que « la jam session aussi était diverse et variée avec des jeunes musiciens qui se mêlaient à des pointures nationales et cela a donné un show de folie, et a permis aussi à des gens de découvrir et de tester du matériel made in Bladi, en l’occurrence les pédales à effets pour guitare Sidman qui nous a fait le plaisir de mettre à notre disposition et de jammer toute la soirée pour nous ».


Une jeunesse qui a foi en son potentiel
Suite à cette première partie de célébration de Yennayer, place à la seconde partie, la célébration du premier anniversaire de la websérie « Wech Derna ?» avec la diffusion des meilleurs moments de cette série qui dresse le portrait de personnes et d’événements qui agissent dans la société dans divers domaines et plus spécifiquement celui de l’art et de la culture. Les premières images sont celles de la slameuse de Tipasa et son musicien qui forment le duo Tiss et Walid 7 times. Avec des paroles sans complaisance et pétrie de lucidité, elle dresse le portrait d’une jeunesse qui baigne dans une Algérie stigmatisée mais transcende cela pour faire évoluer les choses sur les airs poignants d’une adaptation libre de la chanson mythique de Meriem Makeba «Ana Hora fi eldjzair » (je suis libre en Algérie). Ainsi, les jalons sont posés pour découvrir la suite des portraits et d’évènements, celles de personnes qui sont lucides et conscientes du contexte algérien mais qui ont pris la décision de retrousser leur manches, d’être des rêveurs actifs et d’avoir leur palace en Algérie en développant leur potentiel et leur talent dans des actions individuelles ou collectives. Ceci à l’instar de Walis de Zatco Bijoux faits maison, de Sadek de Sidi Bel Abbes qui a lancé des actions citoyennes en créant la web TV la 22ème, de Nadjib Ladadaine de Gouraya qui a lancé le concept de promotion du tourisme local, du festival de Racontarts. Il y a aussi la découverte de nouveaux portraits de l’un des membres faisant partie du noyau de Cinuvers depuis sa création il y a trois ans, en l’occurrence Sid Ahmed Semiane, de Bachdjerah et qui a réalisé son rêve de devenir magicien grâce à une volonté de fer. Le débat qui a suivi la projection, animée par Riadh Touat et la plupart de ces jeunes qui font des actions concrètes, a duré longuement dans le jeu de questions réponses. Riadh Touat confie, ému, en fin de soirée : « Jamais la salle n’a été autant remplie ; voir les gens venir aussi nombreux, les voir assis par terre et les voir rester jusqu’à la fin était juste impressionnant. Pour ma part, j’ai l’impression qu’il s’est passé quelque chose de différent, mais je ne saurais pas le décrire. J’ai ressenti une sortie de déclic chez les présents et j’ai l’impression qu’ils ont mieux compris où je voulais en venir en voyant le projet dans sa globalité ». Il ajoute que « l’une des interventions qui m’a le plus ému, c’est le monsieur d’un certain âge qui a dit «je peux mourir tranquille, la relève est assurée » Il est à noter que la prochaine projection se déroulera à Oran le 9 février prochain. Au final, Nabil Ait Saïd confie que «la collaboration avec Riadh est encore une fois un réel plaisir, nos visions concordent très bien dans l’esprit de carrefours et d’échanges d’initiatives créatives de Cinuvers ! ». Il ajoute que « le débat était très positif et très porteur ». Et pour finir, « le couscous géant, grâce à l’aide de nos précieux partenaires et sponsors qui pour l’occasion se sont prêtés au jeu du débat étant donné que ce sont des jeunes entrepreneurs positifs ». Il conclut que « globalement le public était heureux, nos partenaires aussi et nous aux anges que tout se soit bien passé ; donc que demander de plus ? ». 

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