Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.
mardi, 13 février 2018 06:00

Education nationale / Grève du Cnapeste : Mourad Zemali met en garde contre les dérapages

Écrit par Farid Mellal
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Pour le syndicat des enseignants Cnapeste, la journée d’hier a été celle des « sit-in » et des rassemblements de protestation. A Alger, ses adhérents ont organisé une manifestation devant le siège de la Direction de l’éducation en réponse à l’appel de la direction du syndicat et pour indiquer qu’ils comptent respecter le mot d’ordre de grève « jusqu’à satisfaction des revendications ».

 

Quelques soixante-dix professeurs de lycées et collèges ont tenu à manifester ainsi leur réprobation devant ce qu’ils considèrent comme un « déni » de leurs « revendications légitimes » par le ministère de l’Education nationale.
Selon nos correspondants, d’autres rassemblements du même genre ont eu lieu dans d’autres wilayas du pays à l’instar de Ouargla où des dizaines d’enseignants se sont rassemblés à Ouargla devant la Direction de l’éducation. Dans cette wilaya du Sud, le « sit-in » a été organisé pour répondre à l’appel du syndicat d’une part et protester contre la suspension de plus de 540 enseignants grévistes d’autre part.
A Touggourt, des enseignants du Cnapeste se réclamant des trois paliers (primaire, moyen et secondaire) de l’enseignement public se sont réunis pour les mêmes motifs devant Emir Abdelkader tandis que d’autres manifestations similaires nous ont été signalées à Hassi Messaoud, El Hadjira et Taibet, alors que Rabah Riahi, le directeur de l’éducation à Ouargla a affirmé que la grève des enseignants du Cnapeste n’a pas dépassé le taux d’adhésion de 4,5%. Pour le coordinateur de wilaya du Cnapeste, en revanche, le taux de suivi a été «relativement important». Abdelwahab Bendjeloul a indiqué à ce propos que « depuis le début du mouvement de grève national, le 30 janvier, le taux de suivi est de 48% avec une forte adhésion des enseignants secondaires et faible chez ceux du moyen et du primaire».
Dans le nord du pays, plus de 300 enseignants ont protesté devant le siège de la Direction de l’éducation de Bouira contre les mesures de radiation. Sur des banderoles, ils ont écrit leur « détermination » à poursuivre leur « résistance » et leur mouvement de grève qualifié de « légitime ». « Nous ne demandons que nos droits, le Cnapeste ne va pas céder », ont-ils également scandé. Le coordinateur local du Cnapeste à Bouira, Djamel Benyoucef, a qualifié de « contre-productives les menaces de licenciement et de radiation » proférées par le ministère de l’Education. « Les menaces de licenciement ou de radiation ne constituent pas une solution aux problèmes que nous avions toujours soulevés », a-t-il déclaré.
A Tizi Ouzou, des dizaines d’enseignants ont également organisé un rassemblent en « solidarité » avec leurs collègues des wilayas de Béjaïa et de Blida ainsi qu’avec tous les enseignants qui ont suivi le mot d’ordre de grève nationale. La wilaya de Tizi Ouzou qui est sortie le 11 janvier dernier d’une grève de plus d’un mois, n’a pas adhéré massivement à la grève nationale qui a commencé le 30 janvier écoulé.
De nombreux enseignants ont affirmé qu’ils préféraient participer à des actions de solidarité avec leurs collègues pour dire leur « refus des licenciements et des radiations ». Même cas de figure à Béjaïa, où les enseignants affiliés au Cnapeste ne semblent pas prêts à lâcher prise et comptent maintenir leur mot de grève au vu de leur rassemblement de protestation hier matin devant le siège de la Direction de l’éducation de la wilaya de Béjaïa. Ils étaient des centaines d’enseignants venus des quatre coins de la wilaya à répondre à l’appel lancé par les membres du conseil de wilaya de leur syndicat autonome.
Selon Lyes Dahou, coordinateur du Cnapeste à Alger, « le syndicat a constaté durant la matinée (d’hier ndlr) une mobilisation qui contredit dans plusieurs wilayas du pays la thèse d’un épuisement du mouvement. Ce cadre syndicaliste s’exprimait alors que des membres de la direction nationale étaient reçus par le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Mourad Zemali. La rencontre entre les deux parties est intervenue soixante-douze heures après la publication par le ministère du Travail d’un communiqué appelant au dialogue et à prendre garde de ne pas abuser du droit de grève.
Dans une déclaration à l’issue de la rencontre, le ministre du Travail confirme le contenu du communiqué publié par ses services et appelle les enseignants grévistes à mettre fin à leur mouvement et à faire prévaloir le dialogue «pour l’intérêt des élèves et du pays». «Nous avons demandé aux représentants du syndicat de faire prévaloir le dialogue et de placer l’intérêt des élèves et du pays au-dessus de toute considération», a précisé le ministre en estimant que la situation engendrée par la grève continue, qui dure depuis plusieurs semaines, mène à «la discorde (fitna) qui n’est dans l’intérêt d’aucune partie». «La situation d’aujourd’hui qui va au-delà des lignes rouges est devenue incontrôlable par ces parties», a-t-il prévenu, appelant au «respect des décisions de la justice».


Risque de « dérapage »...
« Nous n’avons pas abordé la légitimité des revendications. On leur a demandé de reprendre le travail et à continuer à demander la satisfaction de leurs revendications », a précisé le ministre du Travail. « Ils sont arrivés à une situation où on a dépassé les lignes rouges (…). La grève illimitée n’existe pas (dans la loi, NDLR). Il y a une décision de justice que tout le monde doit respecter. Les voies de recours existent », a-t-il poursuivi avant d’évoquer un risque de « dérapage » qui pourrait être difficile à « maitriser », alors que ce qui est en jeu, c’est « le droit des enfants à la scolarité. « Il y a une responsabilité devant l’Histoire et devant l’Algérie. Quand je vois des enfants sortir dans la rue, je trouve que c’est intolérable », a-t-il encore observé.
De son côté, le Cnapeste exige – en dépit de la désapprobation de l’opinion publique –, un «dialogue sans préalables», et refuse de cesser son mouvement de grève tel que souhaité par les deux ministres du Travail, Mourad Zemali, et de l’Education nationale, Nouria Benghebrit. Selon les déclarations accordées aux médias par le coordinateur national du syndicat, Salim Ouahla, le Cnapeste poursuivra son mouvement de grève tout en restant « ouvert au dialogue ». « Cette séance n’était pas dédiée à la suspension de la grève qui fait partie des prérogatives des structures du syndicat. Ces structures seront convoquées quand nous nous retrouverons autour d’une table de négociation », a-t-il affirmé. « La solution n’est pas de radier des milliers d’enseignants. La solution est de s’asseoir autour de la table de négociations pour trouver des solutions qui sont, de notre point de vue, simples », a assuré le coordinateur du Cnapeste.
Ce responsable a indiqué que son syndicat a saisi le ministère du Travail pour un rôle de médiateur et désamorcer le conflit ouvert avec l’Education nationale à laquelle il est demandé de suspendre la radiation des enseignants grévistes. Pour rappel, les syndicats d’enseignants et la Fédération nationale des parents d’élèves, signataires de la « Charte d’éthique » en 2015, se démarquent du mouvement de grève du Cnapeste. 

Laissez un commentaire