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Reporters - Filtrer les éléments par date : dimanche, 12 juillet 2015

Les services des urgences des CHU sont complètement dépassés, particulièrement en ce mois de Ramadan. Des victimes d’accidents de la route, de problèmes digestifs, de complications de maladies chroniques… s’y rendent durant toutes les heures de la journée, mais la pression augmente sensiblement après la rupture du jeûne. Au service des urgences de l’hôpital Mustapha-Pacha, le personnel est complètement dépassé. Une moyenne de 500 cas par jour est prise en charge par ces services. « Généralement, c’est après le ftour qu’on reçoit la plupart des cas. Ce sont pour la plupart des accidents mortels qui nécessitent la mobilisation de toute l’équipe », explique à la Chaîne III de la Radio nationale le professeur Amine Salemi, chef de service des urgences et de la réanimation au CHU Mustapha-Pacha. « Alors que le médecin ausculte une personne âgée souffrant d’une infection pulmonaire, l’alarme de la Protection civile retentit devant l’entrée du service. L’ambulance transporte une victime d’un accident de la route qui nécessite une intervention chirurgicale d’urgence », rapporte le journaliste de la Chaîne III. Les fonctionnaires de la santé déplorent le manque d’effectif et les conditions de travail. « Nous travaillons avec un effectif restreint et dans des conditions difficiles. Malgré ces contraintes, on essaye de faire notre devoir », témoigne un surveillant médical. C’est le même constat relevé pratiquement chaque jour. En Algérie, les services médico-chirurgicaux sont sévèrement critiqués, autant par les patients qui s’y rendent que par les professionnels de la santé qui y sont affectés. Ces derniers mettent en cause autant la qualité de l’accueil que celle des soins qui y sont prodigués. Alors que la demande est de plus en plus forte, les prestations se dégradent davantage. Le personnel médical des établissements publics, en sous-effectif et en manque de moyens, n’arrive plus à prendre en charge les patients, particulièrement dans les grands centres urbains, et le secteur privé, censé atténuer cette pression, ne joue pas son rôle. La prise en charge des urgences se fait actuellement à 80% par les hôpitaux (CHU) et à 20% par les structures de proximité. Une tendance qui doit être inversée, estiment les spécialistes. Mohamed Bekkat-Berkani, président du Conseil de l’ordre des médecins, a, pour sa part, appelé à « redéfinir carrément les missions du service des urgences » et à réfléchir à une meilleure manière de décharger les CHU de cette pression, en optant, par exemple, pour la création d’« hôpitaux d’urgence ». Autre solution préconisée par les spécialistes : les soins à domicile. Le dossier des soins à domicile figure parmi les « plus lourds » qu’a ouverts le ministère de la Santé dans son programme d’action de l’année 2015, pour permettre au malade de se soigner chez lui. Le développement des soins à domicile mettra définitivement un terme au phénomène des malades ambulants, certes, mais à quand sa véritable mise en application, d’autant que beaucoup a été dit à ce propos sans que cela ne se traduise par une réalité sur le terrain.

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Samedi dernier dans la soirée, les représentants du Parlement de Tobrouk et la médiation onusienne conduite par l’Espagnol Bernardino Léon ont paraphé à Skhirat, au Maroc, un accord de paix qualifié d’« historique ».

Mais sans la présence des représentants du Parlement de Tripoli ! En dépit de leur défection, les Nations unies comme l’Union européenne « saluent » cet accord de paix. L’UE considère qu’il s’agit d’«un pas important » et qu’elle « est prête à soutenir un gouvernement d'union nationale dès lors qu'il sera formé », a indiqué la chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini. L'Italie, pays directement concerné par le conflit libyen et ses conséquences sur les flux migratoires en Méditerranée, a, quant à elle, qualifié l'accord « d'étape importante dans les efforts pour stabiliser la région et rétablir la paix » en Libye. L’Algérie demeure, elle aussi, optimiste quant à une issue à la crise dans le pays voisin. Selon le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, qui a fait hier une déclaration à l’APS, l’Algérie est « satisfaite » des progrès enregistrés dans le processus du dialogue national interlibyen.
« Nous relevons les pas positifs dans le processus de règlement politique et pacifique de la crise en Libye et appelons tous les acteurs et les parties prenantes, à l'exclusion des groupes terroristes reconnus comme tels, à faire prévaloir l'intérêt supérieur du peuple libyen », a ajouté Abdelaziz Benali Cherif. Appelant les deux camps rivaux à faire preuve de « concessions mutuelles, nécessaires pour garantir l'unité et l'intégrité territoriales » de la Libye et « pour préserver sa souveraineté et la cohésion de son peuple, M. Benali Cherif a précisé qu’Alger suit « avec attention le processus de dialogue national interlibyen, conduit par le Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Libye, M. Bernardino Léon ». « L’Algérie, a-t-il poursuivi, continuera, pour sa part, à apporter sa contribution à l'œuvre de construction de la paix dans ce pays frère et voisin ». En somme, la position algérienne est celle de l’optimisme et du « wait and see ». Optimisme, parce que l’absence des représentants du parlement de Tripoli à l’accord de Skhirat ne veut pas dire abandon total des négociations. Le médiateur onusien Bernardino Léon a déclaré que la porte « reste ouverte » à « ceux qui n'étaient pas présents », précisant que les points de contentieux qui subsistent pourraient être discutés après la fin du Ramadan. Pour sa part, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dit attendre désormais « avec impatience la conclusion rapide d'un accord complet », a indiqué, hier dimanche, son porte-parole dans un communiqué. Il appelle « tous les Libyens à faire avancer le processus politique (...) à travers la formation d'un gouvernement d'unité nationale ». Quant à la prudence algérienne, elle s’explique par la complexité du terrain libyen et par les divergences qui existent entre les frères ennemis de Tripoli et Tobrouk. Parmi ces divergences, indique-t-on, figure le souhait des membres du Parlement de Tripoli de voir figurer le « respect de la magistrature » dans les accords, une possible référence à la Cour suprême qui avait décidé en novembre dernier d'invalider le Parlement basé dans l'est du pays. Dans une lettre adressée, samedi, à l'émissaire onusien, le Congrès général national (CGN), le Parlement de Tripoli, s'est dit prêt à envoyer une délégation au Maroc dont le but sera de « présenter les modifications » souhaitées par Tripoli. « La Libye vit un fiasco depuis un an, et le pays qui est né de la révolution s'est divisé en deux », a déploré Othman Ben Sassi, activiste politique et ancien membre du CGN. « Elle a besoin d'unifier ses institutions à travers la formation d'un gouvernement d'union nationale pour mettre fin à la division ». 

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Reporters : Les parties libyennes en conflit ont signé, malgré l'absence de représentants du Parlement de Tripoli, un accord qui prévoit, entre autres, la formation d'un gouvernement d'unité nationale. Quelle lecture en faites-vous ?
Ahmed Mizab : C’est un accord qui ne permettra pas un retour à la paix et à la stabilité en Libye pour la simple raison qu’il n’apporte pas de solutions aux vrais problèmes qui se posent aujourd’hui dans ce pays. Dans les clauses du document signé par certaines parties libyennes, pas toutes, il n’est pas prévu un cessez-le-feu, un arrêt des hostilités, un mécanisme pour récupérer les armes en circulation et surtout la création d’une armée nationale libyenne. Devant une telle situation, il est impossible de parler d’accord de paix durable et définitif. Il aurait fallu, par exemple, avoir une approche sur la construction de l’armée, l’éradication des groupes terroristes qui font de ce pays une base arrière, avant d’entamer les discussions sur les questions d’ordre politique liées aux institutions. La situation est très compliquée pour qu’elle soit résolue par un simple accord entre certaines parties en conflit.

Voulez-vous dire qu’il s’agit d’un échec et d’un non-événement ?
Je ne dirai pas qu’il s’agit d’un non-événement ou d’un échec total des négociations, mais d’une étape insuffisante pour stabiliser ce pays en proie à des troubles internes depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011. Il s’agit à mon sens d’un accord partiel et provisoire qui doit être complété par d’autres clauses et mécanismes de garantie pour un retour à la vie ordinaire. Les parties concernées par les négociations doivent fixer des priorités accompagnées de mécanismes de mise en œuvre.

Fadjr Libya a menacé la Tunisie de représailles si elle n’arrête pas la construction d’un mur de sécurité qui la sépare de la Libye. Comment interprétez-vous cette menace ?
Comme je vous l’ai déjà dit, la situation en Libye est compliquée. Menacer un pays voisin pour avoir décidé souverainement d’ériger un mur de sécurité sur son propre territoire est un précédent grave. Ce genre de provocation est inacceptable et ne contribue guère à la stabilité régionale. Cette milice veut étendre le chaos libyen à d’autres pays de la région, à commencer par la Tunisie.

Quel avenir pour la Libye en l’absence d’un accord entre les forces libyennes ?
Avant de vous répondre, je dois préciser que les groupes terroristes sont exclus de fait des négociations par le droit international. Les négociations concernent les organisations et les parties non impliquées dans la mouvance terroriste. Pour votre question, il est clair qu’en l’absence d’un accord final qui portera sur la création d’une armée nationale et des institutions politiques, ce pays deviendra la Somalie de l’Afrique du Nord. Tous les ingrédients sont déjà réunis pour tirer la sonnette d’alarme.

Quelle sera la réaction de l’Algérie après l’annonce de la signature de cet accord ?
Je pense que l’Algérie se félicitera de cet accord, tout en sachant qu’il ne s’agit pas d’une solution définitive à la crise libyenne. L’Algérie est consciente de la gravité de la situation et fait tout son possible pour que les choses rentrent dans l’ordre. Il est probable que compte tenu de sa situation géographique, l’Algérie proposera d’abriter de nouveaux rounds de négociation qui auront pour but de compléter l’accord signé au Maroc.

Pensez-vous que l’Algérie et le Maroc sont en concurrence ?
Non, je ne pense pas que l’Algérie et le Maroc soient en concurrence sur la question libyenne. Les négociations se font sous l’égide des Nations unies. Le rôle du Maroc se limite à assurer le soutien logistique et technique aux parties concernées par la crise libyenne. En revanche, l’Algérie est directement touchée par ce conflit. 

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Les douloureux événements ayant secoué il y a quelques jours la vallée du M’zab continuent à susciter des réactions tant au sein de la classe politique que des acteurs de la société civile. Ainsi, l’Association des parents des victimes et des blessés du 05 octobre 1988 (AVO-88) de Béjaïa vient de rendre publique une déclaration à travers laquelle elle accuse ouvertement le pouvoir en place d’être à l’origine de « la situation de pourrissement » ayant conduit à de nouveaux affrontements sanglants entre les deux communautés en conflit à Ghardaïa. « Nous tenons à condamner fermement le pouvoir en place pour avoir maintenu une situation de pourrissement porteuse de drames, de meurtrissures et de lots de sang et de larmes », notent les rédacteurs dudit document, déplorant que « par inertie, laxisme ou complaisance, à dessein de maintenir l’Algérie dans le statu quo, le pouvoir continue d’exercer un odieux chantage : c’est moi ou l’hécatombe ».
Face à la gravité de la situation qui prévaut dans la région de Ghardaïa, les rédacteurs de la déclaration s’interrogent : « Quand s’arrêteront les souffrances ? Quand s’arrêteront ces tragédies nationales ? », avant d’appeler les Algériennes et les Algériens à « faire preuve de solidarité » et à « construire pacifiquement une Algérie démocratique ». En guise de conclusion, les membres de l’AVO-88 soulignent que « nous n’avons pas de pays de rechange, nous ne le laisserons pas sombrer dans le chaos ».

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Hacene Aribi, député du parti El-Adala (FJD), a appelé, hier, le président Bouteflika à convoquer une session extraordinaire du Parlement avec ces deux Chambres, afin de débattre de la situation qui prévaut dans la wilaya de Ghardaïa et constituer une commission d’enquête sur les évènements ayant fait une vingtaine de victimes.
« Je vous appelle Monsieur le président à appuyer l’effort sécuritaire et administratif de parties officielles, par un processus qui fera participer le représentant du peuple (…), et ce, à travers une convocation extraordinaire du Parlement avec ses deux Chambres pour une session urgente où sera ouvert un débat général sur la situation à Ghardaïa », écrit le député dans une lettre adressée au chef de l’Etat. M. Aribi propose qu’à l’issue du débat, « une commission d’enquête parlementaire sera constituée ». Selon le député, membre de la commission de la défense de l’APN, « la sécurité nationale est en danger ».
D’où son initiative, a-t-il dit, « pour barrer la route aux parties étrangères qui parlent d’une intervention internationale et appellent à l’ouverture d’une enquête sur la crise de Ghardaïa, accusant l’institution militaire et les services de sécurité ».
Pour Hacene Aribi, la situation urge ! « La situation ne nous permet pas d’attendre l’ouverture de la session d’automne du Parlement, car le sang, les dignités et les biens requièrent le caractère prioritaire que l’on ne doit pas instrumentaliser politiquement.
La priorité de l’Etat étant la sécurité des citoyens et la stabilité », ajoute-t-il dans son courrier, dont nous détenons une copie. Rappelons que les acteurs de l’opposition réunis au sein de l’ICSO avaient aussi réclamé une commission d’enquête indépendante pour les violences de Ghardaïa. 

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La mise en état d’alerte maximale des forces de l’armée nationale populaire (ANP) aux frontières tunisiennes et libyennes, particulièrement les forces aériennes, prend tout son sens au regard de l’évolution de la situation dans ces deux pays voisins.

La leçon de Tiguentourine ne risque pas d’être oubliée et les agressions contre l’Algérie ne pourront passer sans réactions de la part des forces armées et des renforts acheminés au niveau des frontières.
L’imperméabilité des frontières est d’autant plus nécessaire que les milices et les forces loyalistes libyennes cèdent chaque jour un peu plus du terrain à l’organisation terroriste Daech. Engluées dans des luttes de leadership, les parties libyennes peinent à trouver les voies d’une union nationale qui permettraient de regrouper leurs forces pour réinstaurer un minimum de sécurité dans ce territoire voisin. Cela est d’autant plus nécessaire que la Tunisie, après les différents coups reçus de la part des terroristes, a décidé de frapper fort et sans restriction toute personne qui songerait à plonger le pays dans le chaos.
Elle reçoit en soutien des forces spéciales britanniques et le statut d’allié de l’Otan. Elle a également décidé d’ériger une barrière de défense à sa frontière avec la Libye pour réduire les infiltrations de terroristes. Le ministre tunisien de la Défense, Farhat Horchani, a affirmé hier que les barrières de sécurité seront dressées tout au long de la frontière tuniso-libyenne et s’étendront au-delà du point frontalier de Dhiba. Les barrières de sécurité consistent en un ensemble de tranchées de 2 mètres de profondeur, la mise en place de sacs de sable et la construction de postes de contrôle tout au long de la frontière tuniso-libyenne, en préservant la propriété privée et s’approchant le plus possible des frontières.
Une ligne de dix kilomètres de barrières est d’ores et déjà réalisée.
Ces barrières de sécurité ne remplacent pas la zone tampon délimitée par un cadre juridique et décidée par le président de la République, a expliqué le ministre. « Les barrières de sécurité sont des ouvrages qui resteront en ces lieux y compris après la levée de la zone tampon », a-t-il précisé.
La menace Daech est donc prise très au sérieux par les autorités tunisiennes qui ont vu 33 jeunes quitter la ville de Remada pour rejoindre un camp d’entrainement en Libye. Le portail d'information Afriqiya El ekhbaria a indiqué que Daech a dévoilé le sort de ces 33 Tunisiens, disparus il y a quelques jours. Sur twitter, l'organisation terroriste a annoncé que les 33 Tunisiens ont rejoint les combattants. Daech n'a pas précisé l'endroit où se trouvent les Tunisiens, mais, selon diverses sources, ils seraient entre Barka et Tripoli où la branche libyenne de l'organisation est active.
Les barrières de sécurité tunisiennes obligeront les groupes terroristes désireux de s’introduire en Tunisie de passer par le territoire algérien. Une situation qui oblige les troupes algériennes a encore plus de vigilance d’autant qu’un communiqué publié, dans la nuit de vendredi, Fajr Libya menace la Tunisie de représailles en contestant la construction du mur frontalier au sud-est de la Tunisie. Fajr Libya soutient que ce mur est construit en violation de la souveraineté de la Libye, que sa construction est une décision unilatérale de la Tunisie prise sans concertation avec le pays voisin concerné. Fajr Libya poursuit son communiqué en mettant en garde la Tunisie et en avertissant de son droit de réagir.
Tout regain de tensions aux frontières Est fait le jeu des groupes terroristes qui pullulent en Libye et oblige les forces de l’ANP à plus de vigilance. 

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En l’absence d’une partie déterminante dans la crise libyenne, le document proposé par l’ONU à Skhirat, au Maroc, a été paraphé samedi dernier par le Parlement de Tobrouk et des partis politiques libyens qui n’ont pas pignon sur rue et qui n’ont aucun effet sur les groupes armés.

Est-ce ainsi que l’ONU compte faire pression sur le Parlement de Tripoli ? Rabat est-il satisfait de son succès diplomatique à la Pyrrhus ? S’il s’agit d’une jurisprudence en faisant une analogie avec l’accord de paix intermalien paraphé à Alger par toutes les parties sauf la CMA, l’ONU aurait commis une grave erreur d’appréciation, car le contexte malien est différent de celui de la Libye, dans la mesure où au Mali, il existe un gouvernement légitime reconnu par toute les parties maliennes, qu’au Mali, la situation n’est pas chaotique, qu’au Mali il y a la présence d’une force onusienne et qu’enfin l’enjeu au Mali n’est pas le pouvoir, mais les droits politiques, économiques et sociaux d’une partie de la population du Mali.
En Libye, il y a une guerre civile qui déchire le pays et une menace terroriste sur toute la région d’Afrique du Nord, du Sahel et de l’Afrique subsaharienne. Fajr Libya est une coalition de milices islamistes, tribales et de quartiers qui contrôle le Parlement et le gouvernement de Tripoli. Si l’ONU compte sérieusement ramener cette partie à parapher le document proposé à Skhirat, ce n’est certainement pas en agissant de la sorte. En l’absence d’une partie déterminante dans la crise libyenne, le document proposé par l’ONU à Skhirat, au Maroc, a été paraphé samedi dernier par le Parlement de Tobrouk et des partis politiques libyens qui n’ont pas pignon sur rue et qui n’ont aucun effet sur les groupes armés. Pour Bernardino Léon, «c’est un pas, mais c’est réellement un pas important dans le chemin de la paix». La cérémonie de paraphe de «l’accord» a été tenue en présence de représentants du Parlement de Tobrouk, de représentants de municipalités, de partis politiques et de membres de la société civile libyenne. Les représentants du parlement de Tripoli étaient les grands absents de cette réunion. Pour rappel, le Parlement de Tripoli avait rejeté, mardi dernier, en l’état la quatrième mouture de la proposition d’accord qui prévoit la formation d’un gouvernement d’union nationale et la tenue de nouvelles élections.
Mais Bernardino Léon a laissé «la porte ouverte» à «ceux qui n’étaient pas présents» et expliqué que les points de contentieux qui subsistent pourraient être discutés après la fin du ramadan.
Parmi ces points de contentieux figure le souhait des membres du Parlement de Tripoli de voir figurer le «respect de la magistrature» dans les accords, une possible référence à la Cour suprême qui avait décidé en novembre dernier d’invalider le Parlement basé dans l’est du pays. Outre les parties libyennes, le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, les présidents des deux chambres du parlement marocain et des ambassadeurs de Plusieurs pays ont également participé à la cérémonie de signature de l’accord de paix.

Fuite en avant
Il y a comme une fuite en avant qui a été constatée à Skhirat. S’agit-il de mettre un terme au chaos libyen ou de signer un document coûte que coûte ? Les «parties libyennes» qui ont paraphé le document de l’ONU revu et corrigé selon la volonté du Parlement de Tripoli ne sont pas en conflit. La paix, la stabilité et la sécurité en Libye ne se feront pas entre les parties présentes à Skhirat. A moins que le Conseil de sécurité n’envisage d’envahir la Libye pour en finir avec les milices armées qui ont installé le Parlement et le gouvernement de Tripoli. La fuite en avant se poursuit, puisque pour les parrains de ce pseudo «accord», les parties libyennes devront désormais se pencher sur deux points principaux, à savoir la formation d’un gouvernement d’unité nationale et les annexes de cet accord. Un travail «très important» a été accompli, mais le chemin à parcourir est également de «grande importance» pour rétablir la paix et la sécurité en Libye, notamment avec l’implication des groupes armés, des acteurs qui dominent sur le terrain et de l’armée libyenne dans ce processus, a déclaré le responsable onusien, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Salaheddine Mezouar, à l’issue de la cérémonie de paraphe de l’Accord de Skhirat, visant une solution politique au conflit en Libye. Concernant l’absence des représentants du Congrès national général (CNG), l’émissaire onusien a souligné «qu’on peut toujours trouver une solution» aux divergences, relevant qu’il ne s’agit pas de «différences substantielles ou de fond». Il a, par ailleurs, remercié les participants à ce dialogue ainsi que les pays et les acteurs ayant joué un rôle «très important» dans la facilitation de ces discussions, notamment le Maroc et le Roi Mohammed VI. De son côté, M. Mezouar a indiqué que cet accord constitue un pas «important» sur le chemin de la paix, de la stabilité et de l’unité nationale de la Libye. «En dépit des divergences et des différents obstacles, le peuple libyen a fait montre d’un grand niveau de maturité et manifesté sa détermination à bâtir une Libye démocratique et unifiée, où le respect des droits de l’Homme et la cohabitation entre toutes les composantes de la société sont les mots d’ordre», a-t-il lancé. «Nous sommes ravis que la ville de Skhirat abrite le paraphe de cet accord historique, dont la version actuelle en est la meilleure possible dans les circonstances actuelles, non seulement vis-à-vis de la situation interne en Libye, mais vu également les contextes régional et international», a-t-il relevé. «Certes, un travail de longue haleine reste à faire», a dit le ministre, notant que les parties sont appelées à franchir des étapes «décisives» dans l’avenir, d’où la nécessité de persévérer sur la même lancée et de faire valoir l’intérêt du peuple libyen. Soulignant que les résultats de l’actuel processus de négociations sont le fruit d’un partenariat entre l’ONU et le Maroc. Les partenaires de cet «accord» assumeront les conséquences de leur fuite en avant en ignorant une partie importante de la crise libyenne. Si l’avis et les doléances des groupes armés autres que les groupes terroristes dûment identifiés ne sont pas pris en compte, aucun accord ne pourra aboutir à la paix, à la sécurité et à la construction d’institutions pérennes et consensuelles.

Ne pas sous-estimer la capacité de nuisance de Fajr Libya
Les représentants des parties signataires, notamment le Parlement de Tobrouk, des indépendants et de la société civile, se sont félicités, de leur côté, du paraphe de l’Accord de Skhirat, appelant le CNG à rejoindre cet accord afin de sortir le pays de la crise politique et sécuritaire qui le secoue depuis plus de 3 ans.
L’Accord de Skhirat a été paraphé par l’ensemble des protagonistes présents à Skhirat, y compris les chefs des partis politiques, prenant part au 6e round des pourparlers politiques interlibyens qui se tiennent sous l’égide de l’ONU. En fait, le paraphe d’un document signifie juridiquement qu’il ne peut être amendé. Le Parlement de Tripoli se dit disposer à reprendre langue avec son rival, le Parlement de Tobrouk, cependant, il conditionne cela à la prise en compte de ses doléances qui sont, en fait, celles des groupes armés qui composent Fajr Libya, considéré comme le véritable détenteur du pouvoir comme il l’a fait savoir hier aux autorités tunisiennes lorsqu’il a dénoncé dans un communiqué «la décision unilatérale de la Tunisie» d’ériger un mur à sa frontière avec la Libye.
Certes, Fajr Libya n’a aucun droit de regard sur la décision tunisienne souveraine d’agir à l’intérieur de ses frontières, mais la Tunisie n’a nullement besoin de vérifier la capacité de nuisance de Fajr Libya, dont les armes ont participé à l’œuvre chaotique en Libye.
L’ONU et Rabat ont-ils pris en compte cette dimension de la crise libyenne où les politiques sont inféodés au diktat des milices armées, alors que Daech est en train de gagner du terrain. 

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Avec ce statut d’« allié majeur non-membre de l’Otan », accordé par les Etats-Unis d’Amérique à la Tunisie, l’Algérie se voit confrontée à une nouvelle carte stratégique dans la région, avec deux voisins, de l’Est comme de l’Ouest (Maroc), dans les bonnes grâces des puissances mondiales. Ce qui n’était donc qu’une simple annonce du président américain Barack Obama, en mai dernier à l’occasion de la visite du président tunisien Béji Caïd Essebsi à Washington, a été confirmé par le département d’Etat. Le statut d'« allié majeur non-membre de l'Otan » accordé à la Tunisie par les Etats-Unis « envoie un signal fort sur notre soutien à la décision de la Tunisie de se joindre aux démocraties du monde entier », a déclaré, vendredi, John Kirby, porte-parole du département d'Etat dans un communiqué. Au même responsable d’ajouter que ce privilège accordé à la Tunisie constituait « un symbole de notre étroite relation ». Bien qu’il s’agit, en effet, d’une coopération qui concerne la Tunisie, souveraine dans ses décisions et relations internationales, il n’en demeure pas moins que la démarche du locataire du palais de Carthage aura suscité quelques appréhensions du côté d’Alger, à en croire certaines analyses d’observateurs avertis.
Les deux visites, d’abord de Khemaies Jhinaoui, envoyé spécial du président tunisien BCE, le 23 juin, puis de Rached Ghannouchi, président du parti islamiste tunisien Ennahdha, le 1er juillet, en Algérie, suscitent d’ailleurs des interrogations sur leurs agendas.
Officiellement, les deux responsables sont venus à Alger dans le cadre du renforcement des relations bilatérales, comme il est d’usage diplomatique. Mais, il était clair que le timing choisi laissait planer quelques doutes.

CRAINTES !
Ce qui sera confirmé dans une interview qu’a accordée Ghanouchi au site Leaders, le 9 juillet dernier. Le chef du parti islamiste a reconnu que son entretien avec le président Bouteflika a permis de « dissiper les malentendus à propos du mémorandum d’entente avec les Etats-Unis et d’insister sur le fait que la Tunisie ne nouera aucune alliance aux dépens de ses voisins et reste attachée au principe de concertation dans ses relations extérieures ».
Une déclaration qui en dit long sur les appréhensions des autorités algériennes, en ce qui concerne ce nouveau statut accordé à la Tunisie, d’autant plus que l’Algérie a toujours été aux côtés de la Tunisie durant tout le processus d’instauration d’un Etat démocratique et l’a soutenue dans tous les domaines, notamment sur le plan sécuritaire et la lutte antiterroriste. Alger se sent-elle doublée par ses voisins ? Rien, en tout cas, ne semble plaider pour une concurrence dans ce domaine, puisque l’Algérie entretient de bonnes relations avec l’ensemble des pays de la région - excepté le différend avec le Maroc sur le Sahara occidental - et surtout ne cherche pas à s’allier avec les forces de l’OTAN qui cherchent à installer ses bases militaires partout.

POSITIONNEMENT
Désormais 16e allié majeur et 6e pays arabe à avoir obtenu ce privilège, la Tunisie bénéficiera d’un soutien massif dans divers domaines, notamment militaire et sécuritaire. Ce statut lui donnera, aussi, accès aux technologies avancées, armement de dernière génération et des renseignements de haut niveau.
Une nouvelle donnée que doit prendre en compte l’Algérie qui reste, selon le dernier classement mondial de Global Firepower, première puissance militaire dans la région. L’Armée algérienne occupe, en effet, la 27e place mondiale en termes de puissance, deuxième en Afrique après l’Egypte (18e mondiale), mais loin devant le Maroc (49e) et la Tunisie (58e).
La probable montée en puissance de la Tunisie en matière de capacités militaires ne peut, par contre, qu’être bénéfique pour sa coopération avec l’Algérie, en matière de lutte contre le terrorisme.
Le 26 juin dernier, un attentat commis par un homme armé d'une kalachnikov sur une plage à Port El Kantaoui avait coûté la vie à 38 personnes, dont 30 touristes britanniques. L’extrémisme et la violence en Tunisie ne cessent de progresser, comme le prouve ce chiffre de « 15 000 jeunes tunisiens empêchés de rejoindre les jihadistes dans des zones de conflit », selon le Premier ministre Habib Essid qui s’exprimait, jeudi dernier, devant le Parlement. 

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Hervé Morin, président du parti Nouveau Centre et ancien ministre de la Défense, a plaidé pour un plan Marshal européen en faveur de la Tunisie en particulier et du Maghreb en général. Dans un entretien accordé au journal économique français La Tribune, le 11 juillet dernier, Hervé Morin a parlé précisément d’un « programme de rétablissement européen, à l’instar de la formidable mobilisation collective transatlantique, qui permit à l’Europe post-Seconde Guerre mondiale de renaître de ses cendres, grâce à nos alliés, venus d’Outre-Atlantique ».
Concernant la France, tout particulièrement, il a estimé que ce pays « doit aider davantage la Tunisie démocratique postrévolutionnaire », considérant que cette aide représente un « préalable à la stabilisation économique dont dépend l’avenir serein des Tunisiens ». De son point de vue, « l’urgence sur les rives méridionales de la Méditerranée en 2015 - eu égard au cocktail détonnant que constitue la situation économique postrévolutionnaire, agglomérée à la montée exponentielle des migrations et leurs criminalisations honteuses, ainsi qu’à l’ancrage durable du terrorisme djihadiste de part et d’autre des deux rives - peut ainsi être comparée à celle qu’a connue l’Europe, en 1946, tout juste sortie d’une guerre totale qui l’a laissé exsangue ». Mais la différence réside, selon lui, dans « notre capacité à anticiper une situation que chacun voit s’étioler, et ce, avant de devoir gérer une catastrophe sécuritaire, avant qu’il ne soit définitivement trop tard ».
La Libye en proie au chaos et la Tunisie menacée par le terrorisme inquiètent profondément les Européens qui doivent également gérer des flux migratoires jamais égalés dans l’histoire de la région.
L’ancien ministre de la Défense a critiqué, dans la foulée, la relative mollesse de la position française suite aux signaux de détresse émis par la Tunisie. « Force est de constater que la France a tardé à réagir avec la nécessaire diligence et semble avoir insuffisamment répondu aux attentes sécuritaires, pourtant immense, de la Tunisie », a-t-il déclaré relevant, en revanche, que « la visite du président tunisien à Washington (…) aura été nettement plus profitable à Tunis, afin de doter le pays en moyens matériels, entraînement et coopération en matière antiterroriste. Il suffit de voir comment la France n’a pas répondu convenablement sur la fourniture d’hélicoptères pour s’en convaincre ! ». Pour lui, le terrorisme menace les pays méditerranéens de manière générale. « Comme certains analystes ne cessent de le répéter, c’est là une véritable bombe à retardement qui risque d’exploser de part et d’autre de Mare Nostrum, et qui en perturbera d’autant son potentiel, son attractivité, et met en danger son essor économique », a-t-il assuré. 

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A trop vouloir forcer le destin pour réaliser ses rêves, on prend le risque de vivre un cauchemar. La précipitation de la signature d’un accord entre factions libyennes, en l’absence de l’une des forces armées les plus aguerries de ce pays, risque de bloquer de manière durable les négociations laborieuses, mais pourtant prometteuses qui se tenaient à Alger. Aucun texte n’est parfait. Le temps presse, mais n’urge pas. Les médiateurs auraient pu attendre quelques jours avant de vouloir forcer la main aux parties libyennes.
La situation qui prévaut en Tunisie est l’un des meilleurs arguments pour savoir prendre son temps. La montée en puissance du groupe terroriste Daech avait fait dire au leader politique tunisien, Rached Ghannouchi, que les milices affiliées à Fajr Libya étaient « le meilleur rempart » de la Tunisie. Cette assertion, vraie ou fausse, montre la complexité de la situation au niveau sécuritaire, mais également géopolitique dans la région. La Tunisie a besoin, plus que jamais, qu’un accord soit trouvé entre Libyens. Il en va de sa sécurité intérieure, mais également de sa survie économique.
Les accords tacites entre les troupes du général Haftar et les miliciens de Fajr Libya avaient pour objectif de réduire la menace de Daech. La reprise de la ville de Derna est la preuve qu’un accord entre Libyens prenait forme. L’exclusion de Fajr Libya de l’accord ne pourra que compliquer davantage la tâche de ceux qui croient en un retour à un ordre institutionnel avant le mois d’octobre.
L’Algérie n’a jamais tenté de forcer le destin d’un peuple voisin et frère. Qu’il soit malien, libyen ou autre, la doctrine des Affaires étrangères refuse et réfute l’intervention étrangère dans les questions internes d’un Etat. Cette position réaffirmée, le gouvernement algérien a tout fait pour que les parties libyennes se parlent. Elles y sont parvenues. Il ne restait qu’à leur permettre de mettre en place leur consensus et leur gouvernement d’union nationale.
L’accord signé samedi au Maroc risque de provoquer un « Maghreb Libya » et plonger la région dans une période détestée par l’homme, celle où l’on ne distingue pas le chien du loup et l’on confond l’ami et l’ennemi.

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