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Reporters - Filtrer les éléments par date : jeudi, 28 juin 2018

La population résidente totale en Algérie a atteint 42,2 millions d’habitants au 1er janvier 2018, contre 41,3 millions d’habitants au 1er janvier 2017 et 40,4 millions au 1er janvier 2016. Dans une compilation de chiffres détaillés et établis par l’Office national des statistiques (ONS), il est souligné que l’année 2017 a connu un volume de naissances vivantes dépassant, pour la quatrième année consécutive, le seuil de 1 million de naissances. Baby-boom et des défis pas loin du casse-tête chinois.

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La dynamique démographique semble connaître « un changement inattendu avec probablement des répercussions tout aussi inattendues sur les plans économique et social », a indiqué hier à l’APS l’économiste Youcef Benabdallah dans son commentaire des données, publiées par l’Office national des statistiques (ONS), sur l’évolution de la démographie algérienne.


La population résidente totale en Algérie a atteint 42,2 millions d`habitants au 1er janvier 2018 (contre 41,3 millions d’habitants au 1er janvier 2017) avec un volume de naissances vivantes, en 2017, dépassant pour la quatrième année consécutive le seuil de 1 million, selon l’ONS. A ce propos, l’expert en économie observe qu’après avoir chuté de manière accélérée durant les années 1990, le taux de fécondité (nombre d’enfants par femme) connaît une « remontée remarquable ».
Ainsi, de 4,5 enfants/femme en 1990, cet indice est passé à 2,1 en 2000, avant de remonter à plus de 3 enfants/femme en moyenne à partir de 2012, note-t-il. Ceci a conduit à une hausse des naissances vivantes, qui sont passées de 589 000/an en 2000 à 1,06 million en 2017, soit une hausse de près de 80%, relève M. Benabdallah. « S’agissant du taux d’accroissement naturel de la population, qui laissait croire à une transition démographique, à l’instar des pays voisins (2,49% en 1990 et 1,48% en 2000), il s’est nettement retourné (1,92% en 2008 et 2,09% en 2017) », poursuit-il.
Pour le professeur Benabdallah, « ce retournement démographique, s’il venait à se maintenir dans le moyen terme, pèserait plus ou moins lourdement sur les capacités à satisfaire les besoins qu’il générerait en termes d’éducation, de santé, d’emploi et de création de richesses ».
Aux yeux de cet économiste, les défis seront ainsi « nombreux », d’autant plus que le rapport de l’ONS, selon les hypothèses du statu quo, « laisse prévoir une hausse importante de la population dépendante (rapport des moins de 5 ans et des plus de 60 ans à la population en âge de travailler) du fait même de l’augmentation des naissances et de l’espérance de vie ». « Cela traduit parfaitement les effets à venir de la structure de la population sur l’économie en termes de besoins à satisfaire et surtout en termes d’efforts de productivité à consentir par la population employée pour prendre en charge le reste de la population », avance-t-il. De l’avis de cet économiste, « le challenge pour les pouvoirs publics est une restructuration profonde de l’économie pour mettre en œuvre de nouveaux moteurs de croissance pour autonomiser la création de richesses du budget de l’Etat ». Selon lui, le taux de croissance moyen du PIB, aux environs de 3% sur les dernières années, « risque de baisser, si la conjoncture actuelle venait à perdurer, et de contraindre davantage les politiques économiques ». Pour conclure, cet expert en économie signale que « les données démographiques actuelles se surajoutent aux autres données structurelles de l’économie pour appeler à de profonds changements ».
De son côté, l’expert en économie Ferhat Aït Ali a qualifié l’évolution de la démographie algérienne de linéaire. « Il y a stagnation en matière de fécondité car le nombre de jeunes en âge de procréer a augmenté, la pyramide des âges est en train de s’inverser en Algérie. Cependant, cette petite baisse de natalité est causée par les divorces, dont le nombre a explosé ces dernières années. Les couples sont devenus moins stables qu’avant et se quittent avant même d’avoir eu un enfant », a-t-il indiqué. Interrogé sur les conséquences de cette évolution linéaire, Ferhat Aït Ali a fait savoir que la démographie est loin de pouvoir impacter notre économie. « Les conséquences ne peuvent être ressenties que dans les sociétés non productives, des sociétés orientées vers la consommation. Notre système a fait que chaque enfant qui naît soit considéré comme consommateur et ressenti comme un fardeau. La Suède, par exemple, est un pays producteur qui souffre de dénatalité, l’Etat travaille d’ailleurs à augmenter le taux de fécondité de la population. Ils n’ont pas attendu une explosion démographique pour produire », a-t-il fait savoir.

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