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jeudi, 06 décembre 2018 06:00

Réunion de l’Opep aujourd’hui à Vienne : Le marché retient son souffle ! Spécial

Écrit par Hakim Ould Mohamed
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Les ministres de l’Opep qui sont arrivés à Vienne, tôt dans la matinée d’hier, pour des consultations cruciales sur l’avenir du marché pétrolier, ont tous clairement indiqué qu’ils s’accordaient sur la nécessité de réduire la production de pétrole. Mais personne n’a expliqué comment ils allaient concrétiser cet engagement et le transformer en mesure claire en faveur de la réduction de leur offre pétrolière.


Des négociations préparatoires ont eu lieu, hier, auxquelles ont participé l’Arabie saoudite et la Russie, les plus grands producteurs du groupe Opep-non-Opep. L’enjeu est de taille. Il s’agit d’endiguer la plus forte chute mensuelle des prix jamais connue depuis une dizaine d’années, les cours ayant perdu plus d’un tiers de leur valeur en novembre, une perte inégalée depuis la crise financière mondiale de 2008.
La réunion de l’Opep et de ses partenaires non-Opep se tient aussi dans une conjoncture marquée par les pressions du président américain, Donald Trump, au bénéfice d’une baisse durable des cours. Cette difficulté à défier sur le terrain pétrolier un président américain pour le moins imprévisible se lisait aisément dans une interview à Bloomberg du ministre saoudien de l’Energie, Khalid Al-Falih. Le ministre saoudien a laissé entendre qu’un accord n’avait pas encore été conclu, affirmant qu’il était «prématuré» de dire que l’Opep et ses alliés, dont la Russie et le Kazakhstan, décideront de réduire la production. Des propos moins optimistes que les déclarations qu’il avait faites il y a un mois à Abou Dhabi, appelant à une réduction d’un million de barils par jour de la production. «Nous devons nous réunir et écouter nos collègues pour connaître leur point de vue sur l’offre et la demande», a déclaré Khalid Al-Falih, en marge des négociations sur le climat menées par les Nations unies à Katowice, en Pologne, avant de se rendre à Vienne, où il est arrivé hier matin.
«Le prochain chemin à parcourir est de savoir si tous les pays sont prêts à s’engager et à contribuer à cette réduction», a nuancé le ministre saoudien, entretenant ainsi le suspense sur le menu et les résultats possibles de la réunion de l’Opep, prévue aujourd’hui à Vienne. Durant les consultations préparatoires qui ont précédé le sommet d’aujourd’hui, les délégués ont déclaré qu’il faudrait réduire la production de 1,3 million de barils par jour l’année prochaine afin de pouvoir éponger les excédents de l’offre provoqués en partie par une production américaine en hausse et une demande au ralenti.
Cette proposition, émanant du conseil consultatif de l’Opep, a été, hier, au menu des travaux du Comité de monitoring conjoint Opep-non-Opep, qui se sont déroulés en présence de Khalid Al-Falih et de son homologue russe, Alexander Novak.
Quelques désaccords techniques
Lors de cette réunion, les deux poids lourds du marché ont fait montre d’une coopération étroite et d’une volonté à même de coopérer davantage et de partager les réductions de l’offre, ont confié des délégués de l’Opep à Bloomberg. Durant cette réunion, la Russie s’est engagée, rapportent les délégués, à réduire sa production de 150 000 barils par jour, mais l’Arabie saoudite aurait insisté pour que Moscou coupe davantage dans sa production, soit à hauteur de 300 000 barils/jour, afin que la contribution soit à parts égales. Un autre désaccord a marqué ces réunions préparatoires et porterait sur la base de référence pour la réduction.
Certains producteurs veulent avoir les niveaux de production d’octobre comme référence, alors que d’autres préfèrent s’en tenir à l’accord initial de décembre 2016 et qui avait comme référence les niveaux de 2016. Mais il semblerait que l’option de revenir aux niveaux de 2016 est un exercice complexe étant donné que l’Arabie saoudite et la Russie ont porté leur production à des niveaux presque record ces derniers mois. Le royaume pompe actuellement entre 11 et 11,2 millions de barils de pétrole par jour, alors que la Russie avait signé un record post-soviétique à 11,6 millions de barils par jour. En tout cas, la décision finale qui sera discutée aujourd’hui et demain nécessitera la bénédiction du président russe Vladimir Poutine et du prince héritier saoudien Mohamad Ben Salmane, qui, faut-il le rappeler, ont accepté le week-end dernier, en marge de la réunion du G20 à Buenos Aires, de renforcer leur coopération pour stabiliser le marché du pétrole.
Trump, le trublion
Cependant, l’attitude du président américain, Donald Trump, demeure jusqu’ici la grande inconnue. Depuis quelques mois déjà, le locataire de la Maison-Blanche joue un rôle important dans les mouvements du marché. Il avait mené une campagne féroce sur Tweeter contre l’Opep, demandant aux producteurs de continuer à faire baisser les prix. Les responsables politiques saoudiens sont pris en tenaille entre le risque de provoquer les foudres de Donald Trump en appelant à une baisse substantielle de l’offre et l’impératif d’une action ferme pour endiguer la déroute du marché. Le travail de l’Opep a été facilité quelque peu par le Canada, où la province d’Alberta, riche en pétrole, a annoncé cette semaine une réduction de 325 000 barils par jour de sa production. Cela permettrait à l’Opep de réaliser une réduction, mais plus faible, et ainsi ne pas susciter le courroux de la Maison-Blanche.

Dernière modification le mercredi, 05 décembre 2018 23:26

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