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dimanche, 10 juin 2018 06:00

Une taxe qui ne fait pas l’unanimité

Écrit par Ziad Abdelhadi
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Les 19% de TVA sur les collections SKD et CKD destinées aux industries de montage des véhicules, contenus dans le projet de loi de finances 2018, ont été très mal accueillis par les constructeurs automobiles, d’autant qu’il leur a été signifié que ce taux ne doit en aucune manière être répercuté sur le prix final, c’est-à-dire sur le prix sortie d’usine.

En effet, on apprend que les « assembleurs » vont devoir supporter à eux seuls la TVA. Mais pour y arriver, il est clair qu’ils devront compter sur la montée en volume de leur production et le procédé des sous-équipements.

« C’est d’ailleurs à ces deux conditions qu’ils pourront se maintenir en activité », nous a indiqué un cadre du ministère de l’Industrie qui a tenu à garder l’anonymat, et ayant tenté de nous éclairer un peu plus sur cette revue à la hausse de la TVA. Et d’ajouter également : « Ils n’ont pas d’autres alternative, car le gouvernement est décidé à sévir si des constructeurs venaient à répercuter la TVA sur le prix d’usine de leurs véhicules ». « Une obligation qui ne leur permettra de réaliser les marges bénéficiaires qu’ils avaient auparavant», notera par ailleurs notre interlocuteur.
Ce qui va les mettre en situation délicate « du fait qu’ils se sont engagés sur la base d’un business plan avec leur partenaire étranger et sur lequel ils ne peuvent pas faire marche arrière au risque de résilier les contrats à leur tort », estimera notre source. Certains observateurs ont vu dans cette revue à la hausse de la TVA un obstacle au développement de l’industrie automobile, voire un coup de frein à l’enthousiasme qui anime ses promoteurs parmi les constructeurs.
D’autres estiment que la TVA sera inévitablement répercutée sur les prix de détail, ce qui rendra beaucoup plus chers les véhicules produits. D’autres encore estiment que ladite mesure intervient à un moment inopportun puisque, mis à part Renault-Algérie entré en production en 2016, les autres ne sont qu’au stade de mise en train de leurs unités.
Un point de vue que ne semble pas partager le gouvernement. En effet, il est souligné dans l’exposé des motifs de l’augmentation du taux de la TVA le fait que cette activité ait connu ces trois dernières années un essor et une évolution remarquables « en termes de réalisation d’investissements ainsi qu’en partenariat et a commencé à asseoir un tissu industriel automobile devant répondre, en matière de rapport qualité/prix, à la demande nationale et, dans le futur, à l’exportation », dixit le texte du projet de la LFC 2018. Il y est également expliqué que les objectifs tracés par les pouvoirs publics en faveur des industries de montage automobile ont été « atteints ». Mais, la réalité sur le terrain est plus nuancée. Bien que l’objectif de répondre en grande partie à la demande du marché semble atteint, il faut dire qu’en ce qui concerne le taux d’intégration le compte est encore loin. Et pour preuve cette industrie naissante n’a pas encore atteint les 30% de taux d’intégration escomptée. Chose qui ne saurait tarder pour peu que l’industrie de la sous-traitance automobile se développe à un rythme accéléré, car c’est à cette condition que les prix des véhicules neufs pourraient connaître une baisse. Ce qui reste évidemment le souhait de la clientèle. Laquelle n’arrive toujours pas à comprendre comment un véhicule « made in bladi » coûte aussi cher.

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