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mercredi, 08 août 2018 20:35

Parkings sauvages et dommages collatéraux : La parole officielle à l’épreuve du terrain Spécial

Écrit par Fayçal Djoudi
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L’auteur présumé de l’agression au couteau, qui a coûté la vie à un homme de 36 ans ayant refusé de payer un stationnement dans un parking sauvage, aux abords d’une place à Souk El Thénine près d’Aokas, a été arrêté par les services de sécurité. Trois autres personnes impliquées sont en fuite, ont indiqué hier à Reporters de bonnes sources. Cette triste affaire n’est pas la première du genre.

La chronique policière nous indique que d’autres faits de même gravité ont eu lieu, notamment à Skikda, où une personne est morte à la suite d’une rixe avec un «parkingueur», selon la nouvelle dénomination en vogue d’une occupation qui a fait son apparition, il y a une vingtaine d’années, et a fini par s’imposer dans les paysages urbains algériens. L’émoi qu’elle suscite incite néanmoins à se poser de nouvelles questions concernant ces « métiers » informels qui se multiplient durant l’année ou durant l’été, comme c’est le cas des plagistes clandestins. La première question qui vient à l’esprit concerne la parole politique et institutionnelle, délivrée chaque année par les services du ministère de l’Intérieur et des Collectivités, sur le caractère illicite de ces activités. Pour les plagistes clandestins, c’est le ministre de l’Intérieur, lui-même, Noureddine Bedoui, qui a multiplié dès juin dernier les avertissements aux personnes faisant des plages et des lieux de baignade des lieux quasiment privés, imposant aux estivants des tarifs d’accès et donc des taxes qui n’existent nulle part dans la législation algérienne. Ces déclarations ont été amplifiées, cette année, par les médias et les chaînes de télévision privées très regardées. Elles ont été prises pour argent comptant par beaucoup de nos concitoyens qui ont cru que les services du gouvernement et de l’Etat allaient enfin réagir et mettre de l’ordre à une situation qui touche à leur sécurité avant tout. Selon quelques témoignages recueillis par nos soins, c’est, armés des déclarations officielles du gouvernement, que beaucoup d’automobilistes refusent de payer un stationnement dans des sites sauvages ou « squattés » par des gardiens informels. Récemment, la DGSN a lancé une campagne pour éradiquer les parkings sauvages, affirmant avoir arrêté de nombreux jeunes qui ont été traduits en justice. Mais il semblerait que cette campagne n’a pas dépassé le temps d’une saison avant que les choses ne reviennent à ce qu’elles étaient dans une nature qui a horreur du vide. Cela pour dire que s’il faut condamner à l’extrême les agissements comme ceux qui ont contribué à la perte d’une vie près d’Aokas ou à Skikda,  il y a lieu de rappeler que certains automobilistes ont eux-mêmes recours à des surveillants clandestins de lieux de stationnement par crainte de voir leurs  biens vandalisés ou cambriolés.

Certes, le phénomène des «parkingueurs» a vu le jour dans un contexte d’insécurité générale durant les années 1990, il n’est pas moins resté caractéristique d’une réalité indiscutable et toujours valable aujourd’hui: le manque d’aires de stationnements aménagées et surveillées dans les villes et les agglomérations ainsi que l’existence de la petite délinquance et le risque qu’elle représente pour la sécurité des automobilistes et de leurs véhicules.

Et comme nos usagers de la route savent bien qu’il n’est pas possible de mettre derrière chaque véhicule un agent de police, ils n’hésitent pas à solliciter les services de ces parkingueurs professionnels ou occasionnels, plus nombreux durant l’été en raison du manque d’occupation et des revenus non négligeables que génère le gardiennage. Ceci est d’ailleurs valable pour d’autres activités « au noir » dans un marché du travail algérien lui-même largement couvert par l’informel rémunéré. Il suffit d’aller faire un tour dans les marchés ou de prêter attention aux marchés ambulants qui sillonnent nos quartiers.

Ainsi, pour éviter que de tels drames comme celui de Souk el Thenine ne se reproduise, mieux vaut sans doute réfléchir aux conséquences d’une parole officielle que rien ne permet objectivement de respecter sur le terrain. Il serait judicieux aussi de pousser le débat sur la manière d’organiser sous la coupe des collectivités locales des activités qui sont là pour durer encore longtemps car si nos agglomérations seront dotées d’équipements adéquats, il n’est pas possible de les avoir partout où ça circule et stationne.

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