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vendredi, 10 août 2018 20:31

Réunion de l’Opep et de ses alliés non-Opep à Alger : Ould Kaddour évoque le poids des tensions internationales

Écrit par Hakim Ould Mohamed
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L’Algérie souhaite « le maintien de l’accord de décembre 2016 » de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et non-Opep, lors de la réunion de septembre prochain à Alger, mais certains éléments de la conjoncture politique au niveau international devraient impacter cette réunion. Ce à quoi s’attend le P-DG de Sonatrach, Abdelmoumène Ould Kaddour, s’exprimant, jeudi, depuis Béjaïa.

Le patron de la compagnie publique des hydrocarbures a laissé entendre qu’il était difficile de défendre l’accord de décembre 2016, alors que l’Opep est en proie à un conflit majeur opposant l’Iran à l’Arabie Saoudite. Mais pas seulement, le groupe des Opep-non Opep risque à son tour de subir les frictions autour du soutien de la Russie à l’idée d’élever les niveaux de production à même de compenser une éventuelle défection iranienne pour laquelle plaide l’Arabie Saoudite. « Ce que nous souhaitons est que l’accord de 2016 soit maintenu », a indiqué Abdelmoumène Ould Kaddour. Cependant, a-t-il nuancé, « ce qui se passe actuellement avec, notamment, la conjoncture politique actuelle aux Etats-Unis et au Moyen-Orient, aura certainement un impact sur la réunion que personne ne peut prévoir ».

Le patron de Sonatrach fait allusion à deux conflits ; celui opposant dans la région le royaume wahabite à l’Iran et le rétablissement des sanctions américaines contre Téhéran, dont les prochaines toucheront dès novembre le secteur pétrolier iranien. Le président américain, Donald Trump, a promis de sévères sanctions contre les pays commerçant avec l’Iran après le rétablissement des sanctions contre ce pays. Des tensions géopolitiques qui s’inviteront inévitablement à la réunion, à Alger, des membres de l’Opep et leurs alliés parmi les producteurs non-Opep, dont la Russie. Dans ces conditions, il serait très difficile de défendre l’accord de décembre 2016 conclu par  onze (11) producteurs de pétrole non-Opep et 13 pays membres de l’Opep.

Cet accord, révisé en juin dernier, prévoyait une baisse de la production pétrolière de 1,8 million de barils par jour pour maintenir l’équilibre sur le marché mondial. Depuis juin, une hausse d’environ 1 million de barils/jour de la production a été décidée à l’issue des réunions Opep et non-Opep et plus aucun plafond n’est fixé désormais aux producteurs. Les tensions géopolitiques actuelles autour du dossier iranien essentiellement promettent une réunion pour le moins tendue, en septembre, à Alger.

Un marché en proie aux incertitudes

Le marché n’est pas non plus à l’abri d’une nouvelle crise sous le poids des tensions autour de l’Iran. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) n’a pas manqué de pointer d’importantes inquiétudes sur l’offre avec le rétablissement des sanctions américaines contre l’Iran.

Dans son rapport mensuel sur le pétrole, l’agence observe un « retour au calme du marché », mais estime qu’il « pourrait ne pas durer ». « Quand les sanctions pétrolières contre l’Iran prendront effet, peut-être conjointement avec des problèmes de production ailleurs, le maintien de l’offre mondiale pourrait s’avérer très difficile », met en garde l’AIE. Les perspectives pour le marché pourraient s’avérer alors « beaucoup moins calmes » qu’elles ne le sont aujourd’hui, estime l’agence basée à Paris. Les Etats-Unis ont demandé à tous les pays de cesser complètement leurs importations de pétrole iranien d’ici le 4 novembre s’ils voulaient éviter des sanctions. Le dernier train de sanctions s’était traduit par une chute des exportations de brut de 1,2 million de barils par jour (mbj), mais « cette fois-ci l’impact pourrait être encore plus sévère », selon le rapport. L’Iran a tenté de répliquer en annonçant son intention de bloquer le détroit d’Ormuz par lequel transite une partie du brut de la région. Téhéran n’a pas hésité à effectuer un exercice naval dans le Golfe, la semaine dernière, quelques jours avant le retour des sanctions américaines contre Téhéran. Les manœuvres n’ont pas manqué de provoquer les foudres de l’administration Trump.

Les Etats-Unis sont déterminés à assurer avec une « extraordinaire vigilance » la navigation dans le détroit d’Ormuz, a averti mercredi un général américain après un exercice naval iranien. Outre le dossier iranien, un autre conflit, se déroulant cette fois-ci sur front du commerce mondial, risque à son tour de renforcer les incertitudes sur le marché pétrolier. Dit autrement, une éventuelle aggravation de la guéguerre commerciale opposant les Etats-Unis à leurs principaux partenaires, la Chine particulièrement, affecterait la croissance et la demande mondiale au pétrole par ricochet. Même si l’Agence internationale de l’énergie a légèrement revu à la hausse (+110.000 b/j) ses prévisions de croissance pour l’année prochaine, elle a prévenu néanmoins que d’importantes incertitudes pesaient sur cette prévision en raison des guerres commerciales qui pourraient s’aggraver.

Dernière modification le samedi, 11 août 2018 00:03

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